Aboubacar Sylla, ancien porte-parole de l’opposition républicaine et actuel porte-parole du gouvernement a dû quitter l’opposition républicaine parce que, selon lui, les convictions et les objectifs pour lesquels il se battait avaient complètement changé au profit d’un seul but, accompagner un homme à Sekhoutouréyah.
« J’ai estimé que moi je ne m’étais pas engagé dans la politique pour accompagner quelqu’un à Sekoutouréyah, mais je m’étais engagé en politique pour faire triompher mon projet de société, mon programme de développement pour le pays. A un moment, nous avons eu le sentiment, plus que le sentiment, nous avons entendu des discours clairs prononcés par certains leaders politiques de l’opposition républicaine, disant que l’objectif de l’opposition républicaine était d’accompagner un leader à Sekoutouréyah. Or ce n’était pas ça. C’est vrai que quand vous êtes dans un groupe et que le membre de votre groupe arrive à l’élection au second tour, c’est normal que vous le soutenez, mais vous ne pouvez pas faire 2 ou 3 ans, avant une échéance électorale, dire que vous avez fondé un parti politique rien que pour accompagner », a fustigé Aboubacar Sylla
La deuxième raison que le président de l’UFC avance est la carence de débat d’idées au sein de l’opposition républicaine.
« Dès que j’ai critiqué la stratégie, en disant qu’on ne peut pas continuer à tourner en rond, j’ai été traité de quelqu’un qui a changé de convictions. On a fait exactement la même chose 4 fois : Revendications non prises en compte, manifestations avec son lot de décès et de destruction de biens matériels, d’édifices, de blessés, d’emprisonnés. On arrive à un dialogue, l’accord n’est pas respecté. On recommence manifestations, dialogues, accords. On a fait 4 fois. J’ai dit il faut qu’on s’assaille autour d’une table pour réfléchir des nouvelles méthodes et qu’on définisse une nouvelle stratégie », a t- il déploré.
En fin, Aboubacar Sylla évoque qu’il a jeté l’éponge à l’opposition républicaine parce qu’il s’est rendu compte qu’ « On faisait de l’atteinte au pouvoir le seul objectif au profit duquel on sacrifiait tout le reste. Et moi avant d’être leader politique, je suis d’abord un guinéen. Je ne peux pas être là systématiquement pour démolir, détruire, critiquer ou donner à mon pays une image désastreuse à l’étranger, pour souhaiter même les malheurs à mes citoyens pourvu simplement qu’ils se révoltent contre le pouvoir et que moi j’arrive au pouvoir. Donc moi j’ai dit que ce n’était pas du tout cette voie que j’ai choisie, qu’il ait de maximum de blessés, de morts, des critiques que tout ce qui est réalisé dans le pays même si c’est positif, qu’on descende tout cela en donnant l’image d’un pays mal gouverné, misérable où le leadership n’est pas assuré. Parce que tout simplement on veut qu’il ait une sorte d’insurrection pour arriver au pouvoir. Ce n’est pas ma manière de faire la politique ».
MAM OUROU SONOMOU