Après plusieurs jours de vive émotion et d’indignation au sein de l’opinion publique, les autorités judiciaires guinéennes ont officiellement annoncé l’ouverture d’une enquête suite à l’enlèvement de proches de l’ancien ministre Tibou Kamara. Les faits se sont déroulés dans la localité de Dinguiraye, située à environ 490 kilomètres au nord-est de la capitale.

Dans un communiqué publié le jeudi, 5 mars 2026, le parquet général près la Cour d’appel de Kankan a indiqué avoir été informé « de faits d’une particulière gravité » concernant l’enlèvement de trois personnes résidant dans la commune urbaine de Dinguiraye, présentées comme membres de la famille de l’ancien ministre. Le document, signé par le procureur général Marwane Baldé, précise que des investigations sont désormais en cours pour faire toute la lumière sur cette affaire qui a suscité une vague d’indignation dans tout le pays.

Selon les premières informations communiquées par le parquet, les victimes auraient été enlevées à leur domicile par un groupe d’hommes armés, encagoulés, circulant à bord de trois véhicules de couleur noire. À ce stade, les auteurs de cet enlèvement restent inconnus, mais le parquet évoque déjà plusieurs infractions possibles, notamment l’enlèvement et la séquestration de personnes, l’association de malfaiteurs et la détention illégale d’armes.

« Ces faits sont susceptibles de relever plusieurs qualifications pénales, sous réserve des résultats des investigations », précise le communiqué. Le procureur général a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête approfondie, mobilisant les forces de police et les autorités judiciaires compétentes pour identifier, interpeller et traduire devant la justice toute personne impliquée dans cette affaire.

Le parquet a également condamné fermement ces actes, qu’il considère comme une atteinte à l’ordre public et à l’autorité de l’État. « Nul n’est au-dessus de la loi », a insisté le représentant du ministère public, appelant la population de Dinguiraye au calme et à la collaboration avec les enquêteurs.

Cette affaire intervient dans un contexte déjà marqué par une série d’enlèvements non élucidés en Guinée, qui alimentent la méfiance et l’instabilité. Parmi les dossiers les plus sensibles figurent celui des leaders du Front national pour la défense de la constitution (FNDC), Oumar Sylla alias « Foniké Mangué » et Billo Bah, enlevés le 9 juillet 2024 à Conakry, et toujours portés disparus. De même, le journaliste Marouane Camara, enlevé en décembre 2024 dans la commune de Lambanyi, demeure introuvable à ce jour.

Ces incidents, survenus sous le régime du général Mamadi Doumbouya, au pouvoir depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, illustrent la persistance d’un climat d’insécurité et de méfiance. La récente ouverture de l’enquête à Dinguiraye est perçue comme une étape importante, mais la population attend désormais des résultats concrets : identification des auteurs, libération des victimes et mesures pour garantir la sécurité de tous.

Le Front national pour la défense de la constitution a réagi en dénonçant une « folie liberticide d’un autre âge » et a exprimé son soutien à Tibou Kamara et à sa famille. Les familles des victimes espèrent que cette nouvelle affaire sera traitée avec transparence et efficacité.

Alors que l’enquête suit son cours, l’opinion reste vigilante quant à la capacité des autorités à faire toute la lumière sur cette affaire et à restaurer la confiance dans le système judiciaire guinéen.

TAOB