Après dix jours de paralysie du système éducatif guinéen, les négociations entre le gouvernement et l’Intersyndicale de l’Éducation ont repris le lundi, 11 décembre 2025, au ministère de la Fonction publique. Une étape cruciale qui marque un tournant dans la crise qui secoue le secteur depuis plusieurs semaines.
Selon Aboubacar Diesto Camara, porte-parole de l’Intersyndicale, cette reprise de dialogue constitue une victoire en soi. « C’est une victoire pour l’Intersyndicale de voir les négociations reprendre. Nous avons réussi à faire revenir à la table tous les acteurs et à obtenir des points clés pour la suite », a-t-il déclaré.
Des avancées significatives dans un contexte de tensions
Les discussions ont permis d’inscrire plusieurs revendications au cœur du dialogue, notamment celles relatives aux indemnités et au statut des contractuels, longtemps ignorés par le gouvernement. L’Intersyndicale s’est dite satisfaite d’avoir obtenu des concessions sur ces points. « Nous avons obtenu un engagement pour discuter des indemnités de logement et de transport, qui n’étaient pas initialement à l’ordre du jour. La question des enseignants contractuels non retenus, y compris ceux de Conakry, a également été relancée », précise M. Camara.
Un autre sujet sensible concerne le paiement des avantages dus aux cadres du secteur éducatif. Le gouvernement voulait conditionner ces versements à l’application du nouveau statut particulier de l’Éducation. Les syndicats ont résisté, réussissant à faire reculer cette position.
« La partie gouvernementale voulait que ce paiement soit lié à la signature et à l’application du nouveau statut, mais nous avons insisté pour que cette injustice soit réparée », confie le porte-parole.
Un ultimatum pour des propositions concrètes
Malgré ces avancées, l’Intersyndicale reste prudente. Elle attend désormais des propositions concrètes de la part du gouvernement, qui doit se référer à ses techniciens et ministres pour formaliser ses décisions. « La partie gouvernementale doit revenir avec des propositions concrètes. Nous voulons que les enseignants, autant à Conakry qu’en province, soient en phase avec leurs syndicats », a souligné M. Camara.
À défaut d’accord satisfaisant, l’Intersyndicale menace de durcir le mouvement. « Si des blocages ou des manœuvres dilatoires persistent, nous n’hésiterons pas à déclencher une grève générale sur tout le territoire », a-t-elle averti.
Une issue incertaine mais essentielle
Alors que les discussions se poursuivent, l’enjeu reste de taille pour la reprise effective du service éducatif en Guinée. La mobilisation des enseignants, leur unité retrouvée et la pression exercée par l’Intersyndicale ont manifestement porté leurs fruits, mais le chemin vers une issue durable reste encore à écrire.
TAOB