La justice guinéenne connaît une réforme d’une ampleur sans précédent. Par décret signé le jeudi, 04 décembre 2025, le Général Mamadi Doumbouya a procédé à une réorganisation profonde de l’appareil judiciaire, touchant toutes les juridictions du pays, de la capitale à l’intérieur des terres. Ce mouvement stratégique vise à renouveler les responsables des Cours d’Appel, Tribunaux de Première Instance et autres institutions judiciaires, en intégrant massivement la 7ᵉ promotion de magistrats et en renouvelant le personnel judiciaire à tous les niveaux.

Ce changement intervient dans un contexte où la réforme de la justice constitue une étape essentielle pour renforcer l’État de droit et améliorer l’accès à une justice équitable. Votre hebdomadaire ‘‘Affiches Guinéennes’’ vous propose un aperçu détaillé de la nouvelle configuration des Cours et Tribunaux guinéens.

Une nouvelle organisation dans la capitale : la Cour d’Appel de Conakry

Le siège de la Cour d’Appel de Conakry est désormais dirigé par le Premier président Ibrahima Sory Tounkara. La chambre de contrôle de l’instruction est pilotée par N’Faly Sylla (1ʳᵉ chambre) et Zahoro Konomou (2ᵉ chambre). Les chambres civiles, économiques et administratives comptent désormais sept présidents de chambre, dont Mme Fanta Cherif, ancienne conseillère à la Cour, qui prend la tête de la 7ᵉ chambre.

Les chambres criminelles et correctionnelles ont également été renouvelées, avec à leur tête Sékouba Condé (chambre criminelle) et Boubacar Bah (1ʳᵉ chambre correctionnelle). Le parquet général de Conakry voit l’arrivée de M. Fallou Doumbouya comme procureur général, entouré de plusieurs avocats généraux expérimentés.

Les juridictions de l’intérieur : une vague de renouvellement

À Kankan, la deuxième plus grande ville du pays, le président de la Cour d’Appel est M. Pierre Lamah. La juridiction accueille également de nouveaux responsables, notamment Bakary Camara à la chambre de contrôle, et Alfred Camara à la chambre civile, dans une dynamique de renouveau.

Restructuration des tribunaux de première instance

À Kaloum, la présidente Mme Aissatou Sacko et son équipe ont vu l’intégration de juges issus de la 7ᵉ promotion, renforçant ainsi la compétence et la jeunesse de la magistrature locale.

À Dixinn, le tribunal dirigé par Aboubacar Thiam a accueilli de jeunes juges, dont certains issus de la même promotion, pour insuffler un nouveau souffle à la justice de proximité. La même dynamique se retrouve dans plusieurs autres tribunaux, tels que ceux de Mafanco, Kindia, Dubréka, Coyah, et Faranah, où la relève magistrale s’active pour moderniser et renforcer l’efficacité judiciaire.

Renouveau dans les tribunaux de proximité et justice des enfants

Les justices de paix dans plusieurs préfectures ont été également concernées par ce vaste mouvement, avec la nomination de nouveaux juges et juges d’instruction. Notamment à Tougué, Télimélé, Lélouma, Dabola, Dinguiraye, Kouroussa, Yomou et Beyla, ces nominations visent à rapprocher la justice des populations et à améliorer la gestion des affaires courantes.

Une étape cruciale pour la justice guinéenne

Ce remaniement massif témoigne de la volonté du gouvernement guinéen de renouveler et d’asseoir une justice plus indépendante, transparente et efficace. En intégrant une nouvelle génération de magistrats, notamment issus de la 7ᵉ promotion, le pays mise sur une justice plus dynamique, capable de répondre aux défis actuels.

La communauté judiciaire et l’ensemble des acteurs espèrent que cette réforme sera accompagnée de mesures concrètes pour renforcer l’indépendance des juges, lutter contre la corruption et garantir l’accès à la justice pour tous.

Une réforme structurante et porteuse d’espoir pour l’avenir judiciaire de la Guinée, qui se veut un pilier essentiel pour la consolidation de l’État de droit et la stabilité du pays.

TAOB