Conakry, le 20 août 2025 – Une affaire judiciaire qui secoue le secteur juridique guinéen et met en lumière des enjeux de déontologie et de procédure est en cours à Conakry. Le Procureur général près la Cour d’appel, Fallou Doumbouya, a officiellement saisi le Barreau de Guinée d’une plainte déposée par un citoyen, Kabinet Diané, gérant de la société Guinée Power Multiservice (GPMS).
Selon le courrier daté du 18 août 2025, le plaignant accuse plusieurs avocats, notamment Maîtres Moussa Sidibé, Kabinet Kourala Keïta, M’Bonby Mara, Bernard Sâa Dissi Millimono, Mama Aïssata Fofana, Oumou Koultoumy Conté, Roland Désiré Bangoura, Sékou Sylla, ainsi que Mme Hélène Faye alias Ndeye et Mamadi Sidibé, alias « De Gaulle ». Les accusations portent sur des faits présumés tels que tentative d’enlèvement, complicité, harcèlement, vol en bande, faux et usage de faux, ainsi que l’établissement d’un chèque sans provision, des infractions réprimées par le Code pénal guinéen.
Le Procureur général a ainsi ordonné au Bâtonnier de l’Ordre des avocats de procéder à un examen interne du dossier, tout en poursuivant les investigations judiciaires. La démarche témoigne de la volonté de transparence et de respect des règles déontologiques au sein de la profession.
Le cas de Mamadi Sidibé « De Gaulle » en ligne de mire
Par ailleurs, un autre volet de l’affaire concerne Mamadi Sidibé, alias « De Gaulle », militaire domicilié au camp Almamy Samory Touré. Une réquisition émanant du Tribunal de Première Instance de Dixinn, datée du 6 mai 2025, ordonne sa comparution forcée. Le militaire est accusé par GPMS, représentée par Kabinet Diané, pour tentative de vol, harcèlement, menaces et violences volontaires.
Malgré plusieurs convocations de la Police judiciaire, Mamadi Sidibé n’a pas répondu à l’appel. Le procureur Fallou Doumbouya a alors décidé de contraindre le militaire à comparaître, conformément à l’article 121 du Code de procédure pénale, en confiant cette tâche à la Brigade de recherches de Kipé.
Une affaire qui soulève des questions sur les pratiques professionnelles
Ce double dossier soulève des interrogations sur la régularité de certaines pratiques dans certains cercles professionnels, notamment dans le domaine juridique et militaire. Il met également en lumière les enjeux de responsabilité et de transparence dans la gestion de dossiers sensibles.
Les procédures sont en cours, et il appartient désormais à la justice guinéenne d’établir la vérité et de déterminer si les accusations portées contre les différents mis en cause sont fondées. La suite de l’affaire pourrait avoir des répercussions importantes pour les personnes concernées et pour la crédibilité des institutions impliquées.
DY & TAOB