Le cadre de concertation ne permettra pas de créer un consensus fort sur la durée de la transition et de son contenu . La concertation pourra porter sur des sujets éparses et les avis des acteurs ne pourraient s’imposer aux autorités qui les demandent . Il faut donc créer un cadre de dialogue inclusif et souverain.
Le format du cadre de dialogue à instituer ne doit pas être l’émanation dune seule entité. Il doit être la résultante d’une décision améliorée par l’échange et concertée. Alors , le cadre de concertation en vigueur pourrait servir de cadre de définition du format du dialogue national inclusif et souverain à instituer. Il n’est pas question de relancer le cadre de concertation en vigueur et mal de résultats, mais de son utilisation pour définir de façon.
Principe 2 : Du mandat du cadre de dialogue
Le cadre de dialogue doit être une assise entre le CNRD et les forces vives en vue d’un consensus sur la durée de la transition. Son objectif principal est d’adopter de façon consensuelle une vision nationale sur le contenu et la durée de la transition. Le dialogue doit aussi aboutir à : la définition de la loi électorale et du découpage électoral, la définition de l’organe devant organiser les prochaines élections, la définition des réformes essentielles à tenir pendant la transition pour le retour à l’ordre constitutionnel , la définition du mécanisme de suivi de la mise en œuvre des résolutions du dialogue national.
Principe 3 : De la souveraineté du cadre du dialogue
Le dialogue national doit être souverain ; les problèmes guinéens requièrent des solutions guinéennes non celles importées . Le cadre de dialogue doit être compétent pour : adopter son ordre de jour, veiller à la représentativité des acteurs, mettre en place l’organisation qu’il jugera efficace, définir la durée de la transition, mettre en place les commissions indépendantes avec des mandats spécifiques.
Principe 4 : Des organes du cadre de dialogue
Pour que le cadre de dialogue produise des résultats escomptés , il faudra aussi les acteurs se mettent d’accord sur ses organes délibérants. Il pourrait être composé d’une assemblée plénière, d’un présidium, des commissions thématiques et d’une commission ad hoc.
L’assemblée plénière est l’instance qui rassemblera tous les participants au dialogue : les membres du CNRD ou ses représentants pouvant être civiles , les représentants des forces vives, le facilitateurs, et d’autres acteurs comme les membres du G5. Cette instance élabore le règlement intérieur et adopte les synthèses des travaux.
Le présidium quant à lui est l’instance de direction des débats et des travaux. Il doit avoir à sa tête un président avec des vice-présidents . Quant aux commissions thématiques, ce sont des instances chargées d’examiner les sujets posés par le cadre de dialogue et ses acteurs. Les commissions ad hoc peuvent être instituées par le présidium pour fournir un soutien et une expertise aux participants et aux commissions thématiques . Ces commissions ad hoc peuvent être composées des membres externes au cadre de dialogue.
Principe 5 : De la prise de décision
Les décisions des commissions thématiques ou de l’assemblée plénière doivent être adoptées de façon consensuelle . Mais le consensus pourrait bien être un vœu pieux qu’il deviendrait difficile à atteindre. A défaut du consensus , il faudrait que le cadre de dialogue définisse un seuil d’adoption des décisions, cela éviterait tout blocage et les pertes de temps.
Tous les participants au dialogue ne doivent pas avoir des droits de votes , certains n’y ont que le statut de membres visiteurs par conséquent ils ne doivent pas interférer dans la prise de décision.
Principe 6 : Des règles de bonne conduite et du régime de sanctions
Les participants au dialogue national inclusif et souverain doivent observer un certain nombre de règles de bonne conduite . Ils doivent participer de bonne foi aux assises du dialogue. Ils doivent respecter l’opinion des autres participants et éviter à tenir des propos injurieux, irrespectueux, diffamatoires et même agressifs. Un régime de sanction doit être adopté contre les actes de perturbations ou d’obstruction à la réussite du dialogue.
Principe 7 :De la commission de suivi de l’application des résolutions du dialogue
Les participants au dialogue doivent tirer des leçons du passé ; bien souvent les résolutions adoptées au cours d’un dialogue ne sont pas suivies et appliquées. Il serait intelligent d’envisager la constitution d’une commission de suivi de l’application des résolutions du dialogue national , inclusif et souverain à instituer.
Ibrahima SANOH