Pendant que des tirs continuent dans plusieurs quartiers de Conakry et certaines villes de l’intérieur du pays, le Ministre guinéen chargé des Affaires Étrangères ne manque pas d’arguments pour imputer la responsabilité des violences sur le candidat Cellou Dalein Diallo qui a revendiqué sa victoire dès le premier tour du scrutin présidentiel.
Dans la presse, Mamadi Touré est sorti de son silence pour fustiger les résultats publiés par le parti du principal rival d’Alpha condé, candidat sortant pour un troisième mandat.
Lisez plutôt sa déclaration en substance après son entretien avec plusieurs ambassadeurs accrédités en Guinée.
« Il y a eu une auto-proclamation d’un candidat, ce qui est à l’origine de toute cette violence que nous connaissons aujourd’hui. Il ne faut pas se voiler la face. Après sa déclaration, il a fait comprendre à ses militants qu’il était gagnant alors que nous attendions la fin du dépouillement des résultats du scrutin. Il ne faut pas chercher très loin. C’est la source de la violence que nous connaissons aujourd’hui .
C’est très inquiétant parce qu’on a vu des vidéos dans lesquelles on a entendu des manifestants dire qu’on doit leur donner des armes. Il y en a même qui ont parlé d’intifada. Ce qui est très grave et ça doit être pris très au sérieux et placé dans le contexte du terrorisme dans la sous-région.
Le Gouvernement continuera à attendre les résultats. Entretemps, il faut assurer la sécurité des guinéens et du territoire. On a mis en garde et on a pris à témoin la communauté internationale sur les appels à la violence. Ce qui est paradoxal, c’est qu’au même moment où monsieur Cellou Dalein appelle à la violence, ses représentants sont à toutes les étapes du processus électoral. Nous avons appris aussi l’existence d’un logiciel tombé du ciel et qui a la capacité d’avoir accès à tous les bureaux de vote même dans les villages les plus reculés, je ne sais pas avec quel réseau et qui fait remonter les informations. Ce qui est aussi très grave. Ça peut être passible de poursuites judiciaires ».