Alpha Condé et certaines figures de la classes politiques

La reprise du dialogue politique inclusif annoncée par le chef de l’Etat Alpha Condé et les échéances électorales présidentielles d’octobre 2020 font toujours la ‘‘Une’’de l’actualité.

Réunie au sein du Front National pour la Défense de la Constitution, l’opposition politique exige un préalable, notamment une annonce solennelle du Chef de l’Etat à ne pas briguer un troisième mandat et à respecter la Constitution de mai 2010. Certains leaders d’ailleurs montent au créneau pour demander le départ d’Alpha Condé au pouvoir.

C’est par exemple le cas de Dr Faya Millimono, président du Bloc Liberal: « la seule chose qui doit être à l’ordre du jour en Guinée aujourd’hui, c’est le départ d’Alpha Condé. Nous n’avons pas de constitution aujourd’hui reconnue par tous les Guinéens. Nous n’avons pas de Cour constitutionnelle parce que ce sont des militants d’Alpha Condé qui sont là. Il les appelle pour commander des arrêts et ceux-ci viennent dans les minutes qui vont suivre. L’Assemblée nationale que dirige Damaro, c’est l’Assemblée du RPG. Nous avons la Covid-19 qui tue les Guinéens parce qu’il n’y a pas d’hôpitaux en Guinée. On ne doit pas parler aujourd’hui d’élection. Faire partir Alpha Condé, reprendre la main pour remettre le pays sur les rails de la démocratie et de l’Etat de droit, c’est le seul agenda ».

Sur la même longueur d’onde, Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines (UFR), touche le nœud de la crise politique en Guinée. Selon lui, le président de la République a toujours su créer des situations pour empêcher la tenue des élections conforment au chronogramme électoral.

« Il faut qu’on se débarrasse d’Alpha Condé. C’est le seul combat à mener aujourd’hui. Nous avons un putschiste au sommet de l’Etat. Nous devons nous battre pour qu’il quitte comme on s’était battu contre Dadis. Tout ce qu’Alpha Condé a voulu dans ce pays, c’est de créer des situations qui nous empêchent d’aller aux élections. Les problèmes créés à l’intérieur du pays, c’est pour empêcher qu’il y ait des élections libres et crédibles. Cela dit, nous, nous continuons à nous battre au sein du FNDC », a martelé Saïkou Yaya Barry du parti UFR .

Tout comme l’UFR de Sidya Touré,  l’UFDG d’Elhadj Cellou Dalein Diallo pense que rien ne sert d’aller à un dialogue avec quelqu’un qui ne peut pas respecter la Constitution de son pays ainsi que ses engagements internationaux.  Par la voix du Directeur de sa Cellule de communication, Ousmane Gaoual Diallo, le principal parti de l’opposition pose des préalables : « Il n’est pas question pour nous d’aller parler autour d’une table avec des gens qui sont en train d’opérer un coup d’Etat Constitutionnel dans notre pays. Il y a des préalables à remplir qui sont connus. L’un des plus importants, c’est qu’Alpha Condé s’engage solennellement à respecter les termes de son mandat, à respecter l’esprit et la lettre de la Constitution qui l’a porté comme Chef d’Etat où il est clairement indiqué qu’il ne sera pas candidat à un troisième mandat consécutif ou non (…) c’est fondamental pour nous ».

« Pour nous cette annonce (dialogue politique, ndlr) , c’est la poudre aux yeux. Elle n’a aucune crédibilité, aucune sincérité (…) Sur quoi dialoguer lorsqu’on a suspendu la Constitution ? De quoi allons-nous parler  lorsqu’on a instauré un coup d’Etat et travesti les institutions ? Est-ce qu’il est nécessaire même de dialoguer avec des putschistes ? Parce que pour nous, et Alpha Condé, et l’Assemblée Nationale sont des institutions occupées par des putschistes et leurs complices », a rencheri Ousmane Gaoual Diallo.

Dans les rangs de la mouvance présidentielle, l’heure est au préparatif pour la relance du dialogue politique inclusif.

« Un dialogue est avant tout une opportunité de soulever toutes les préoccupations et tous les problèmes par les différents acteurs autour de la table… Il faut donner la chance au dialogue de s’ouvrir, en définissant le cadre et l’ordre du jour. Avec les débats, les sujets essentiels pour un dialogue inclusif seront abordés avec mesure et sérénité. … », a indiqué  l’honorable Aly Kaba, chef de file de la majorité présidentielle à l’Assemblée Nationale.

Des préalables puisque c’est ça que l’opposition demande, son ancien allié Papa Koly Kourouma du GRUP ne va pas du dos de la cuillère, après sa transhumance politique et son appartenance à la gouvernance actuelle : « on va s’asseoir pour discuter et convenir de la modalité de la tenue des élections présidentielles. Maintenant cette main tendue quand on la refuse on l’assume et on tire toutes conséquences qui en découleront ».

« Si l’opposition dit qu’il faut que le Président renonce à briguer un 3ème mandat, qu’il l’annonce solennellement et qu’on revienne sur la constitution de mai 2010, ces préalables ne sont pas solides », a laissé entendre Papa Koly Kourouma, membre de la CODECC.

Reste à savoir qui du pouvoir ou de l’opposition aura le dernier mot!