
Au lendemain de l’annonce du plan de riposte économique de plus de 3000 milliards de francs guinéens par le gouvernement d’Alpha Condé, des réactions fusent de partout. D’aucuns y voient une politique tendant à soulager les populations, sauver des emplois et soutenir l’activité économique. Mais d’autres regardent d’un autre œil le discours porté au nom du chef de l’Etat par son premier ministre Dr Kassory fofana.
Pour le GOHA, Groupe Organisé des hommes d’affaires, le meilleur moyen d’aider les populations pendant cette pandémie de covid-19 est de s’atteler à la diminution du prix des produits pétroliers.
« Si le carburant n’est pas diminué à cinq mille francs guinéen par litre, toutes ces mesures seront sans effets. On dit qu’on prend en charge les factures d’eau et d’électricité, il n’ya pas de courant. Chez nous, ça fait 22 ans que l’eau n’a pas traversé notre robinet », a déclaré Mohamed Cherif Abdallah.
En plus de la gratuité des transports publics en bus et par voie ferroviaire (Conakry Express), le gouvernement prévoit dans son plan de riposte le report de trois mois du paiement des impôts, taxes et versements assimilés pour les PME, le gel pendant la pandémie des prix des produits de santé (c’est-à-dire produits pharmaceutiques et équipements de santé) et des denrées de première nécessité et le blocage des les loyers sur les bâtiments publics et privés à compter de ce mois d’avril à décembre 2020. Mais rien de toutes ces mesures, ne rassure le président du GOHA qui a accepté de se confier à notre rédaction ce mardi 07, avril 2020.
Lisez en substance sa réaction !
« Pendant cette pandémie, aucune entreprise ne tourne. Tu ne paye les taxes que si ça marche, mais si c’est le contraire où est le problème ?
Toutes ces mesures ne sont que du vent. Si on ne met pas le litre entre 5à 4.000 GNF, personne ne va sentir ce qui est annoncé. Parce qu’à l’heure actuelle, le prix du transport à augmenter, même celui des marchandises. Pour nous d’ailleurs, ce n’est rien, ça ne va pas du tout. Le gouvernement ne fait rien pour sa population. Imaginez, il ya de navires qui sont en plein océan présentement et qui cherchent à jeter leur carburant tellement qu’il n’ya pas de clients. Actuellement, si vous négociez vous pouvez peut être avoir le baril à 15 dollars.
Au lieu de dire qu’on nous épargne des factures d’eau et d’électricité y compris le payement des impôts, ils n’ont qu’à payer 40 milles tonnes de riz pour envoyer à chaque famille 4 sacs de riz dans la république. Là en ce moment vous aurez fait quelque chose.
Si on parle de l’argent à débloquer, ils vont distribuer ça entre eux aussi. Personne ne va voir la couleur de cet argent là.
Mais tout ce que demande aux commerçants, c’est de prendre des mesures de sécurité sanitaire. Ils n’ont qu’à tout faire pour maintenir la distance de sécurité entre eux et les gens. S’ils ont la possibilité de trouver des masques, de les porter régulièrement dans les lieux de travail. Ils doivent aussi imposer carrément le lavage des mains ».
Entretien réalisé et décrypté par Thierno Amadou Oury BALDE
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