Saikou Yaya de l’UFR

L’opposition guinéenne continue à fustiger  le décret présidentiel convoquant le corps électoral pour les législatives du 16 février 2020.

Tout comme  l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, l’UFR de Sidiya  Touré déplore que le chef de l’Etat ait convoqué  un corps électoral inexistant.  Dans une interview qu’il a accordée à guineematin.com le mardi 12 novembre,  Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines (UFR) se montre déçu.

« Je ne pense que nous soyons aujourd’hui dans un Etat normal. Parce que le problème fondamental, je n’arrive pas à concevoir qu’un homme de Droit, le président de la République soit capable de convoquer un corps électoral qui n’existe pas. Le corps électoral commencera à exister à partir du 21 novembre 2019, parce qu’il y aura une révision. C’est en ce moment seulement, une fois que ce processus terminé, qu’il aura un corps électoral. C’est à partir de là qu’il signera un décret convoquant le corps électoral. Mais, tu ne peux pas mettre en mission une personne qui n’existe pas. Il ne peut pas convoquer un corps électoral inexistant », a déclaré Saïkou Yaya Barry.

Plus loin, il s’interroge : « nous sommes dans quel pays ? Tout est à l’envers. Tout ce qu’on peut faire normalement, on le fait autrement. Je ne sais pas dans quoi nous vivons. Il y a des principes et des règles à respecter et c’est le minimum qu’on peut faire pour qu’un Etat existe. Une élection aussi importante que les législatives, le corps électoral doit exister, tu dois savoir si c’est 4 ou 5 ou 6 millions d’électeurs, les connaitre avant de les convoquer. Dans quoi sommes-nous là ? Dans un Etat néant ».

Par ailleurs, il  pense que ce décret qui doit être pris 70 jours avant la date du 16 févier 2020 est illégal, parce qu’on en est à plus de 90 jours : « ce décret est totalement dans l’illégalité. Est-ce que c’est lui qui gère le pays aujourd’hui ? Est-ce que c’est quelques hommes qui sont entrain de réfléchir pour tout chambouler dans notre pays ? Je me pose des questions. Parce que dans un pays normal, en suivant un minimum de respect des règles, de lois et de principes, il y a des trucs de la République sur lesquels on ne peut pas se dérober », soutient notre interlocuteur.

« Le problème, ce n’est pas de savoir s’il faut aller à ces élections ou pas. Nous disons que nous participerons à toutes les élections en République de Guinée. Mais, je demande aux guinéens de bien voir dans quoi nous sommes… », a-t-il laissé entendre.

Thierno Aissata BALDE