Le gouvernement guinéen a annoncé une ambitieuse réforme du secteur foncier, un domaine stratégique souvent marqué par l’anarchie et les litiges. Face à ces défis, les autorités envisagent la mise en place d’un nouveau cadre juridique afin de mieux encadrer la gestion des terres en Guinée. Selon des sources proches du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, un nouveau Code foncier et domanial est actuellement à l’étude.
Un enjeu vital pour la stabilité sociale
Pour le Premier ministre Amadou Oury Bah, la régulation du foncier est un levier essentiel pour assurer la paix et la cohésion sociale dans le pays. « La question foncière est l’alpha et l’oméga de la paix dans un pays », a-t-il affirmé lors d’une récente déclaration. Il a souligné que la solidité d’une nation repose en partie sur sa capacité à protéger ses citoyens vulnérables dans la gestion de leurs terres.
Le chef du gouvernement a rappelé que « la question foncière met cette exigence à l’épreuve », insistant sur le fait que la terre représente souvent le fruit d’une vie de travail, la sécurité financière d’une famille, ainsi que la possibilité de transmettre ce patrimoine à la génération suivante. « La manière dont nous organisons ces droits touche directement à la dignité humaine et à la cohésion sociale », a-t-il ajouté.
Une réforme intégrée au programme national de développement
Le projet de réforme foncière ne se limite pas à une simple révision juridique. Il s’inscrit dans le cadre du programme national de développement « Simandou 2040 », lancé par le président Mamadi Doumbouya. Selon le Premier ministre, cette initiative vise à assurer une croissance économique inclusive tout en respectant les droits des citoyens.
« Notre responsabilité est de faire du développement une chance réelle pour chaque territoire et de veiller à ce que le progrès économique s’accompagne de justice sociale », a déclaré Amadou Oury Bah. Il a insisté sur la nécessité de garantir que tous les acteurs, quels que soient leur influence ou leurs moyens, voient leurs droits respectés.
Appel à l’application stricte des lois
Le Premier ministre a également lancé un appel à la rigueur dans l’application des lois existantes. « Un texte ne suffit pas, il faut l’appliquer… », a-t-il souligné. La réussite de cette réforme dépendra donc de la volonté politique et du respect strict des nouvelles réglementations.
Ce projet de réforme, piloté par le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, marque une étape importante dans la modernisation du secteur foncier guinéen. La volonté du gouvernement est claire : instaurer un cadre plus équitable, transparent et durable pour la gestion des terres à travers tout le pays.
TAOB