Connu pour son implication dans le procès emblématique des événements du 28 septembre 2009, Algassimou Diallo voit sa carrière judiciaire prendre fin suite à une décision disciplinaire du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM). La haute instance a prononcé, récemment, sa révocation, mettant un terme à plusieurs années d’engagement dans la magistrature.

Une procédure disciplinaire engagée après une suspension

Le 18 août 2026, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ibrahima Sory II Tounkara, avait décidé de suspendre provisoirement Algassimou Diallo de ses fonctions. Cette mesure conservatoire faisait suite à des présumés manquements à ses obligations, détails qui sont restés à huis clos lors de l’examen du dossier par le CSM. La suspension n’était pas une sanction définitive, mais une étape préalable à une éventuelle décision disciplinaire.

Le Conseil supérieur de la Magistrature, saisi par le ministère, a finalement statué en faveur de la révocation, la sanction la plus lourde prévue par la loi organique L/054/CNT/2013 du 17 mai 2013 portant statut des magistrats. La décision, rapportée par Africaguinee.com, a été prise après une audition à huis clos, où les faits reprochés au magistrat ont été jugés comme gravement constitutifs de manquements aux devoirs liés à sa fonction.

Les motifs de la révocation : une atteinte aux valeurs de la magistrature

Selon la décision du CSM, Algassimou Diallo aurait commis des fautes graves, portant atteinte aux devoirs fondamentaux de son office, notamment le respect de l’honneur, de la délicatesse et de la dignité indispensables à la profession de magistrat. Le conseil a considéré que ces manquements justifiaient la sanction ultime, conformément aux dispositions légales en vigueur.

La décision doit désormais lui être notifiée officiellement, être communiquée au ministère de la Justice, puis publiée conformément à la procédure en vigueur.

Un parcours marqué par des responsabilités et des changements

Algassimou Diallo, ancien acteur central du procès des événements du 28 septembre 2009, a occupé plusieurs fonctions au sein du système judiciaire guinéen. Il s’était notamment illustré en dirigeant le ministère public au Tribunal de première instance de Dixinn. Nommé procureur général près la Cour d’appel de Kankan en novembre 2025, il avait rapidement été affecté à N’Zérékoré, puis nommé avocat général près la Cour suprême en février 2026.

Ce dernier poste, symboliquement important, n’aura cependant pas résisté à la procédure disciplinaire. Après sa suspension, la décision du CSM marque son exclusion définitive du corps judiciaire.

Une fin d’un parcours marqué par l’exposition médiatique

La révocation d’Algassimou Diallo représente un tournant majeur dans sa carrière, qui a été marquée par des responsabilités importantes et une forte visibilité médiatique. La décision du CSM intervient dans un contexte où la déontologie, l’indépendance et la responsabilité des magistrats restent au cœur des préoccupations de l’institution judiciaire guinéenne.

Elle témoigne aussi de la volonté de l’État de renforcer la discipline et l’intégrité dans la magistrature, en sanctionnant fermement tout manquement aux normes éthiques attendues d’un magistrat de haut rang.

Une issue qui envoie un message clair

Au terme d’une procédure engagée suite à une suspension, la révocation d’Algassimou Diallo scelle la fin d’une carrière judiciaire, tout en soulignant l’engagement des autorités à préserver l’intégrité du système judiciaire. La décision, désormais définitive, s’inscrit dans une démarche de responsabilisation et de respect des valeurs fondamentales de la justice en Guinée.

Synthèse de TAOB