La cérémonie officielle de lancement des résultats de la sixième Enquête Démographique et de Santé (EDS-VI) en Guinée a réuni les autorités nationales, partenaires techniques et financiers, ainsi que des acteurs du développement.
L’événement s’inscrit dans une démarche visant à doter le pays de données fiables et actualisées, essentielles pour orienter efficacement les politiques publiques en matière de santé, de démographie et de développement humain.
Un constat salué par la communauté internationale
Au nom du système des Nations Unies en Guinée, le Coordinateur résident, Diego Zorrilla, a souligné l’importance stratégique de cette enquête pour le pays. « La publication de l’EDS-VI représente un grand moment dans la vie de notre nation », a-t-il déclaré, saluant l’engagement du gouvernement guinéen, notamment du ministère du Plan, du ministère de la Santé, ainsi que de l’Institut national de la statistique, pour leur leadership et leur rigueur dans la réalisation de cet important projet.
Il a également rendu hommage à l’appui constant des partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, l’OMS, l’UNICEF et le gouvernement américain, qui ont contribué à faire de cette enquête un outil essentiel pour le suivi des progrès en matière de développement humain.
Selon lui, l’EDS constitue « l’une des sources les plus importantes de données sur la population, la santé, la nutrition, et le bien-être » en Guinée. Ces données, « fiables, récentes et désagrégées », portent sur des thématiques cruciales telles que les conditions de vie, la santé maternelle, la nutrition, les maladies transmissibles et non transmissibles, ainsi que les violences basées sur le genre.
Une base pour des politiques publiques mieux ciblées
Diego Zorrilla a insisté sur le rôle central de ces données dans l’élaboration des politiques publiques. « Sans données de qualité, les politiques risquent de naviguer à vue », a-t-il affirmé. Il a souligné que l’EDS représente « un outil stratégique d’aide à la décision » permettant de mieux orienter les investissements dans les zones vulnérables, de réduire les inégalités et d’accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).
Tout en saluant les avancées, notamment dans la fréquentation scolaire des filles, l’accès aux soins prénataux ou encore la baisse de la fécondité chez les adolescentes, le diplomate a également évoqué plusieurs défis persistants. Il a notamment souligné « une stagnation dans l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, surtout en zones rurales », ainsi que des inégalités flagrantes entre milieux urbains et ruraux. La malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans demeure également une préoccupation majeure.
Il a conclu en insistant sur le fait que « la Guinée avance sur certains fronts, mais doit encore relever d’importants défis structurels » nécessitant des politiques ciblées.
Une étape clé pour la planification et l’investissement
Pour Diego Zorrilla, la publication de l’EDS-VI n’est pas une fin en soi, mais une étape vers une meilleure appropriation, analyse et utilisation des données par tous les acteurs du développement. Il a réaffirmé l’engagement du système des Nations Unies à accompagner la Guinée dans la transformation de ces résultats en politiques concrètes, en budgets sociaux, et en résultats tangibles pour les populations.
De son côté, Issa Diaw, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale en Guinée, a souligné l’importance de cette enquête. « La publication d’une enquête démographique et de santé constitue une étape majeure pour un pays comme la Guinée », a-t-il déclaré. Il a mis en avant que l’EDS permet d’obtenir une vision approfondie des conditions de vie, de la santé, de l’accès aux services essentiels, ainsi que des défis à relever pour renforcer le capital humain.
Il a rappelé que cette enquête constitue aujourd’hui « la principale source d’informations sur la santé de la population », fournissant des indicateurs indispensables pour le suivi des politiques publiques, notamment en matière de santé maternelle, infantile, de nutrition, de fécondité, de mortalité ou encore de vaccination.
Une synergie avec d’autres outils pour une planification efficace
Issa Diaw a souligné la complémentarité entre l’EDS, le Recensement général de la population et de l’habitation, ainsi que la cartographie nationale des infrastructures et des services. Ces outils conjoints permettent de mieux relier les besoins des populations à l’offre de services disponibles, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour la planification publique.
Il a insisté sur l’importance de transformer ces résultats en actions concrètes. « La véritable valeur de ces données réside dans leur utilisation », a-t-il affirmé, en réitérant l’engagement de la Banque mondiale à accompagner le gouvernement guinéen dans la mise en œuvre du programme national de développement « Simandou 2040 », qui mise sur le capital humain et la modernisation du système statistique.
Vers un développement inclusif et durable
Lors de cette cérémonie, les représentants des Nations Unies et de la Banque mondiale ont réaffirmé leur soutien à la Guinée dans la valorisation des données statistiques, considérant leur exploitation comme essentielle pour accélérer le progrès social, la réduction des inégalités et l’amélioration durable des conditions de vie.
Les résultats de l’EDS-VI constituent ainsi une étape clé pour orienter les politiques publiques vers une croissance plus inclusive, équitable et respectueuse des droits de tous les Guinéens. La volonté commune est claire : faire de ces données un levier pour un développement humain plus résilient et durable en Guinée.
TAOB