Conformément à la décision rendue le jeudi 2 juillet par la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), l’ancien Premier ministre guinéen, Dr Ibrahima Kassory Fofana, a été partiellement condamné en appel dans une affaire de gestion de fonds publics.

Après un procès qui s’est tenu en fin de semaine dernière, la Cour a infligé à l’ancien chef du gouvernement sous le régime d’Alpha Condé une peine de trois ans neuf mois d’emprisonnement, accompagnée d’une amende de deux milliards de francs guinéens. Cette décision intervient après une première condamnation en février 2025, où Kassory Fofana avait été condamné à cinq ans de prison pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.

Cependant, la Cour a partiellement infirmé le jugement de première instance, en relaxant Kassory Fofana des accusations de détournement de fonds publics. En revanche, il a été reconnu coupable d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, ce qui a motivé la nouvelle condamnation.

Une mesure importante de la Cour concerne la confiscation des fonds détenus par l’ancien Premier ministre. La justice a ordonné la confiscation au profit de l’État guinéen des sommes logées sur le compte Épargne à vie de Kassory Fofana, domicilié à VISTAGUI SA. La gestion de ces avoirs a été confiée à l’Agence de la récupération des avoirs et de la sécurité financière (AGRASC).

Par ailleurs, la partie civile, l’État guinéen, a obtenu gain de cause dans cette procédure. Kassory Fofana a été condamné à lui verser la somme de 3 milliards de francs guinéens en réparation des préjudices subis. La Cour a également ordonné la publication de sa décision dans le Journal officiel, aux frais du condamné.

Les réquisitions du parquet général, formulées le 18 juin dernier, avaient sollicité une peine de cinq ans d’emprisonnement à l’encontre de l’ancien Premier ministre. De son côté, l’État guinéen, représenté par son avocat, avait demandé une condamnation de 20 milliards de francs guinéens pour appel abusif, ce qui n’a pas été retenu dans la décision finale.

Ce procès, qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la corruption en Guinée, a particulièrement retenu l’attention de l’opinion publique. Rappelons qu’en février 2025, Kassory Fofana avait été déjà condamné en première instance à cinq ans de prison, avec une amende de deux milliards, et une condamnation à payer 15 milliards de francs guinéens à l’État, en plus de 3 milliards de dommages et intérêts.

La décision de la Cour de répression des infractions économiques et financières marque une étape importante dans la lutte contre la corruption et la transparence dans la gestion des finances publiques en Guinée.

TAOB