Les examens nationaux session 2026 sont marqués par une série de cas de fraude enregistrés dans plusieurs préfectures du pays. S’il est encore prématuré de parler d’une fraude généralisée, les chiffres communiqués par le ministère de l’Éducation nationale traduisent l’ampleur du phénomène.
Dans un bilan couvrant les deux premières journées des épreuves, le département dirigé par Alpha Bacar Barry fait état de centaines de téléphones portables et de montres connectées saisis, de nombreux candidats éliminés, de plusieurs surveillants exclus ou révoqués, ainsi que du démantèlement de réseaux de fraude opérant à travers des groupes numériques, notamment sur WhatsApp.
Ces résultats laissent penser que les mises en garde du ministre, qui avait promis des sanctions sévères contre les candidats et les agents impliqués dans la diffusion ou l’obtention frauduleuse des sujets d’examen via les plateformes numériques, n’ont pas suffi à dissuader les fraudeurs.
À Siguiri, le ministère rapporte la saisie de 344 téléphones et de quatre montres connectées. Six surveillants ont été renvoyés et cinq autres exclus pour leur implication présumée dans des pratiques frauduleuses.
À Kankan, 17 candidats ont été éliminés, 62 téléphones confisqués, un candidat sanctionné et un surveillant révoqué.
Le même constat est fait à Faranah, où 13 téléphones ont été saisis, six candidats éliminés, trois surveillants exclus et un candidat interpellé avant d’être remis aux services de sécurité.
À Macenta, deux candidats ont été interpellés, tandis que cinq autres ont été arrêtés à Maferinyah. À Boffa, deux candidats ont été éliminés, contre six à Kindia et huit à N’Zérékoré.
Des surveillants ont également été exclus dans plusieurs autres localités, notamment à Conakry, Kankan, Kindia, Faranah et N’Zérékoré.
La deuxième journée des examens a confirmé cette tendance. À Conakry, six candidats ont été éliminés, cinq surveillants sanctionnés, dont une cheffe de centre, et huit téléphones saisis.
À Kérouané, sept téléphones ont été découverts dissimulés dans des centres d’examen. À Mandiana, cinq appareils ont été saisis. À Kouroussa, deux téléphones ont été confisqués, tandis que deux candidats ont été exclus et deux surveillants remplacés.
Selon le ministère de l’Éducation nationale, plusieurs réseaux de fraude organisés via des groupes numériques ont été identifiés au cours des deux premières journées des examens.
Ces premiers chiffres témoignent de la persistance de la fraude aux examens nationaux, malgré le renforcement des dispositifs de contrôle et les avertissements des autorités. Reste à savoir si les mesures annoncées permettront d’endiguer durablement ce phénomène qui fragilise la crédibilité du système d’évaluation scolaire en Guinée.
Daouda Yansané