Réunie pour examiner une requête de mise en liberté, la juridiction a d’abord entendu les arguments des différentes parties impliquées dans la procédure. Après ces échanges, la Cour s’est retirée pour délibérer avant de revenir rendre sa décision en audience publique.
Statuant en matière correctionnelle et en dernier ressort, la Chambre des appels a jugé recevable la demande de remise en liberté présentée par le parquet spécial, soutenue par l’Agent judiciaire de l’État et appuyée par la défense de l’ancien chef du gouvernement. Sur le fond, la Cour a estimé que la requête était fondée et a ordonné la libération de l’ex-Premier ministre.
Des poursuites toujours en cours
Malgré cette décision de mise en liberté, la procédure judiciaire visant Ibrahima Kassory Fofana se poursuit devant la Cour de répression des infractions économiques et financières.
L’ancien Premier ministre reste poursuivi pour détournement présumé de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Ces accusations s’inscrivent dans le cadre d’enquêtes portant notamment sur la gestion de fonds publics durant son passage à la tête du gouvernement.
Ce dossier fait partie d’une série de procédures engagées par la juridiction spécialisée contre plusieurs anciens responsables publics soupçonnés de malversations financières dans l’administration guinéenne.
L’état de santé invoqué
Au cours de l’audience, le ministère public a motivé sa demande de mise en liberté par l’état de santé de l’ancien Premier ministre, estimant qu’un suivi médical approprié était nécessaire. Une position partagée par l’Agent judiciaire de l’État, tandis que la défense a également insisté sur la nécessité de soins adaptés.
Toutefois, cette décision ne met pas un terme à la procédure judiciaire. La Cour a décidé de renvoyer l’affaire au 26 mars 2026, date à laquelle les débats reprendront devant la juridiction.
La libération de Ibrahima Kassory Fofana constitue ainsi une nouvelle étape dans l’un des dossiers judiciaires les plus suivis en Guinée, alors que les enquêtes liées à la gestion des finances publiques continuent d’alimenter l’actualité politique et judiciaire du pays.
Daouda Yansané