Identification des biens toujours incomplète
À l’origine de ce renvoi : la non-finalisation de l’identification des biens attribués au prévenu. Lors de la précédente audience, la Cour avait relevé que la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) n’avait pas entièrement exécuté la décision ordonnant la vérification des comptes bancaires ouverts au nom d’Aboubacar Makhissa Camara, ainsi que ceux de ses épouses et de ses enfants, dans les différentes banques primaires du pays.
Plusieurs établissements bancaires sollicités n’avaient pas encore transmis les informations requises à la Banque centrale, retardant ainsi l’exécution complète de la décision judiciaire.
Par ailleurs, les conservateurs fonciers de Conakry et de Kindia avaient été instruits d’identifier les biens immobiliers appartenant au prévenu et à sa famille. Si les services fonciers de Conakry ont finalement répondu à la demande de la Cour, ceux de Kindia ne se sont toujours pas conformés à l’injonction.
Un nouveau délai accordé
Face à ces manquements, le ministère public avait sollicité un premier renvoi d’une semaine afin de permettre aux institutions concernées de se conformer aux réquisitions judiciaires. À l’issue de ce délai, la Cour a constaté que seules la Banque centrale et les autorités foncières de Conakry avaient transmis leurs éléments, l’absence de réponse des services de Kindia empêchant encore de disposer d’un état exhaustif du patrimoine du prévenu.
La juridiction a donc décidé d’accorder un nouveau report au 23 mars, date à laquelle elle espère disposer de l’ensemble des informations nécessaires pour poursuivre les débats.
Un procès en l’absence du prévenu
Depuis l’ouverture de la procédure, Aboubacar Makhissa Camara ne s’est jamais présenté devant la justice. Les autorités judiciaires le considèrent en fuite. Ses avocats, de leur côté, affirment qu’il se trouve à l’étranger pour des raisons de santé.
L’ancien directeur général des Impôts est poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et corruption. La Cour entend, une fois l’identification complète de ses biens établie, poursuivre le procès, y compris en son absence si nécessaire.
Daouda Yansané