Conakry, 17 février 2026 – Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) franchit une nouvelle étape dans la consolidation de son dispositif national. L’institution a réuni, ce mardi, des agents référents ainsi que plusieurs responsables de ladite agence pour une séance de travail consacrée à la sécurisation et à l’optimisation de la gestion des biens placés sous main de justice.
Cette rencontre stratégique vise à accompagner le déploiement effectif des missions de l’Agence sur l’ensemble du territoire guinéen. Au cœur des échanges : l’amélioration de la circulation de l’information entre l’AGRASC et les juridictions, l’harmonisation des procédures et la mise en place d’un cadre de collaboration permanent afin d’éviter toute déperdition ou mauvaise gestion des avoirs saisis.
Une réforme inscrite dans la dynamique institutionnelle
L’initiative s’inscrit dans le vaste chantier de refondation institutionnelle engagé par les autorités de la transition. Sous l’impulsion du président de la République, Mamadi Doumbouya, la lutte contre la criminalité économique et financière figure parmi les priorités affichées.
Selon le directeur général de l’AGRASC, Mohamed Diawara, cette réforme répond également aux orientations du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara. Les directives ministérielles mettent l’accent sur la modernisation des mécanismes de gestion des biens saisis, avec pour principes directeurs la transparence, la traçabilité, la responsabilité et la rigueur dans la conservation et le recouvrement des avoirs concernés.
Les agents référents, maillon central du dispositif
Au centre de cette nouvelle organisation figurent les agents référents désignés au sein des juridictions régionales. Leur mission : assurer la transmission rapide et fiable des informations relatives aux décisions de saisie et de confiscation prononcées par les tribunaux.
Cette coordination renforcée devrait permettre, selon la direction de l’Agence, d’uniformiser les pratiques à l’échelle nationale et de garantir une gestion plus efficace des biens issus des décisions judiciaires définitives.
Un enjeu majeur pour la crédibilité de la justice
La gestion des avoirs saisis et confisqués représente aujourd’hui un enjeu stratégique pour la crédibilité de l’action judiciaire en Guinée. Elle participe non seulement à la lutte contre l’impunité, mais aussi à la protection des intérêts de l’État et des justiciables.
En clôturant les travaux, le directeur général de l’AGRASC a salué l’engagement des participants, parmi lesquels figuraient des chefs de greffe et des responsables administratifs venus notamment des juridictions de Kindia et d’autres régions du pays. Tous ont exprimé leur volonté d’assurer une transmission diligente et sécurisée des informations afin de préserver les biens concernés et d’en garantir le recouvrement dans les délais légaux.
À travers ce renforcement de la coordination nationale, l’AGRASC ambitionne de consolider un système moderne, transparent et crédible, au service d’une justice plus efficace et respectueuse de l’État de droit en Guinée.
Daouda Yansané