La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest a rendu publiques, le mardi30 décembre 2025, ses premières conclusions concernant l’élection présidentielle du 28 décembre dernier en Guinée. Ce scrutin, considéré comme une étape essentielle dans le processus de consolidation du retour à l’ordre constitutionnel, a été observé par une délégation régionale conduite par Abdoulie Janneh, ancien haut responsable des Nations unies.
Selon le rapport de la mission d’observation, le déroulement du vote s’est globalement effectué dans des conditions acceptables, sans incidents majeurs.
La CEDEAO souligne notamment l’absence de perturbations significatives dans les zones visitées, ainsi qu’une participation électorale jugée satisfaisante. La conduite exemplaire des citoyens, du personnel électoral et des forces de sécurité a été saluée, contribuant à un processus ordonné de l’ouverture à la clôture des bureaux de vote.
L’organisation régionale a également mis en avant la décision des autorités guinéennes d’assurer le financement du scrutin, un acte particulièrement apprécié dans un contexte africain où l’aide extérieure domine souvent. Cette initiative témoigne selon la CEDEAO d’une volonté d’appropriation nationale du processus démocratique. La mission a en outre loué le soutien financier apporté aux candidats par la Direction générale des élections (DGE), renforçant ainsi l’équité du scrutin.
Cependant, le rapport n’est pas exempt de réserves. La mission a pointé du doigt certaines insuffisances, notamment la prolongation tardive de la durée de vote, annoncée le jour même, ce qui a repoussé la fermeture des bureaux d’une heure. Ce changement a généré des incompréhensions et compliqué la gestion du dépouillement dans plusieurs localités.
Alors que la Guinée s’apprête à compiler et proclamer ses résultats, la CEDEAO précise que son observatoire reste en alerte. Les équipes continueront à suivre de près toutes les étapes, du dépouillement à la publication des résultats provisoires, jusqu’à leur validation officielle par les institutions compétentes. Un rapport final plus détaillé est prévu à l’issue du processus électoral, abordant notamment la question de l’éligibilité, de l’inclusion, du financement des partis politiques ou encore du rôle des autorités administratives.
Au-delà des aspects techniques, la mission insiste sur la dimension politique de cette élection. Abdoulie Janneh invite toutes les forces politiques guinéennes à considérer ce scrutin comme un point de départ pour une réconciliation durable et une consolidation démocratique. La CEDEAO appelle également ses États membres et les partenaires internationaux à intensifier leur accompagnement, afin de préserver la stabilité, renforcer les acquis démocratiques et encourager un dialogue inclusif pour les priorités de développement du pays.
Ce premier verdict de la CEDEAO témoigne d’un optimisme prudent, tout en rappelant la nécessité de continuer à veiller à la crédibilité et à la légitimité du processus électoral en Guinée.
Synthèse de TAOB