Dans un communiqué publié ce vendredi 26 décembre, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) dénonce un contexte électoral préoccupant. Selon l’instance onusienne, le caractère apparemment ciblé de plusieurs incidents récents vise à intimider les figures de l’opposition et à décourager la mobilisation des électeurs.
« Ils contribuent à instaurer un climat de peur parmi les acteurs politiques et la population en général, et risquent de compromettre la crédibilité du processus électoral », a averti le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk.

Ouverte le 28 novembre, la campagne électorale s’est achevée le jeudi 26 décembre. Au total, 6,7 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales pour ce scrutin présidentiel.

L’ONU souligne toutefois que l’élection se déroule dans un contexte de forte contestation politique. Plusieurs figures majeures de l’opposition ont été exclues de la course, tandis que certaines formations politiques ont appelé au boycott du scrutin. Selon le HCDH, les huit autres candidats en lice sont pour la plupart peu connus du grand public, ce qui fait du président sortant, Mamady Doumbouya, le principal favori de l’élection.

Concernant les restrictions des libertés publiques, la multiplication des arrestations d’opposants et les départs contraints à l’exil, l’agence onusienne rappelle le cas de deux figures de la société civile, Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah. Les deux hommes sont portés disparus depuis juillet 2024, après avoir été enlevés à leur domicile.

À ces disparitions s’ajoutent plusieurs autres cas non résolus, notamment ceux de quatre proches de l’artiste et figure de l’opposition Elie Kamano, portés disparus depuis le 16 novembre, a souligné Volker Türk.
« Le sort et le lieu où se trouve Sanassy Keita, photographe associé à l’ancien président Alpha Condé, restent également inconnus, à la suite de son enlèvement par des hommes armés et cagoulés le 27 novembre », a rappelé le Haut-Commissariat.

Face à cette situation, l’ONU exhorte les autorités guinéennes à garantir l’exercice effectif des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, de réunion pacifique et de participation politique. Elle appelle à « garantir un environnement où il n’y a ni peur, ni coercition, ni répression » à l’approche du scrutin.

Daouda Yansané