La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a pris une décision surprise le jeudi14 août 2025 en ordonnant la libération immédiate de quatre cadres poursuivis dans une affaire complexe mêlant faux en écriture, corruption, cybercriminalité et autres infractions financières. Ces individus, détenus depuis plusieurs mois à la Maison centrale de Conakry, ont été libérés après un délibéré de la Chambre spéciale de contrôle de l’instruction de la CRIEF.

Les prévenus, identifiés comme Ousmane Oularé, Fadensen Keïta, Ousmane Oularé et Mohamed Baba Bamba, avaient fait appel des décisions de prolongation de leur détention prises le 4 août dernier.

Lors de l’audience, leurs avocats ont argué qu’aucun mandat valable ne justifiait leur maintien en prison, soutenant que la détention était infondée. De leur côté, le ministère public et la partie civile, représentés par l’agent judiciaire de l’État, ont contesté ces arguments, insistant sur la nécessité de maintenir les prévenus en détention pour leur sûreté et pour l’avancement de l’enquête.

Après examen du dossier, la chambre spéciale a tranché en faveur de la défense, ordonnant la libération immédiate des quatre hommes. La décision a été accueillie avec soulagement par leurs avocats, tandis que l’affaire reste encore en cours d’instruction.

Ce dossier, qui fait déjà grand bruit en Guinée, concerne des faits présumés de faux en écriture publique et authentique, de corruption, d’atteinte au système informatique des Douanes, d’enrichissement illicite, de concussion, de cybercriminalité et de complicité. Selon les autorités judiciaires, le montant du préjudice causé à l’État guinéen serait estimé à environ 800 milliards de francs guinéens, ce qui en fait l’une des affaires les plus sensibles et complexes en cours dans le pays.

Cette décision de la CRIEF soulève de nombreuses interrogations sur la gestion de l’enquête et la justice dans cette affaire d’une ampleur exceptionnelle.

TAOB