
La décision du Gouvernement relative à la “baisse” annoncée du salaire des fonctionnaires guinéens à partir de ce mois d’août divise les syndicats. Pour Aboubacar Soumah, un des leaders, il s’agit du prélèvement d’une cotisation dans l’intérêt des travailleurs et non d’une baisse des salaires.
Pour en savoir plus, le secrétaire Général du SLEEC remonte l’origine de la création de l’INAMO (institut national d’assurance maladie obligatoire) et la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale des Agents de l’Etat (CNPSAE) ajoutant qu’il faut beaucoup de sensibilisation pour éviter de mauvaises interprétations.
Lisez plutôt sa réaction.
« Ce sont ceux qui sont contre la mesure qui disent que c’est une baisse des salaires. Il s’agit d’une cotisation. Certains travailleurs sont suffisamment informés, mais d’autres manquent encore d’informations. Une délégation avait sillonné les chefs-lieux des régions administratives pour expliquer ça aux travailleurs, mais l’explication n’avait pas été suffisante. C’est ce qui fait qu’il y a des réticences à certains endroits.
Ce n’est pas une baisse de salaire, c’est une cotisation. Ce sont les syndicalistes qui se sont battus pour la création de ces deux institutions. A savoir : l’INAMO (institut national d’assurance maladie obligatoire) et la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale des Agents de l’Etat (CNPSAE). Depuis le temps de Conté, les syndicalistes se sont battus pour ça. C’est à l’avènement de la troisième République que le Président Alpha a accepté que ces institutions soient créées. Ces institutions doivent être supportées par les cotisations sociales des travailleurs. En 2014, lorsque ces deux institutions ont été créées, l’Etat avait prélevé 5%, mais à l’époque, on avait protesté. Parce que les travailleurs n’étaient pas informés. C’est ainsi qu’on s’est opposé.
Depuis 2014 jusque maintenant, c’est l’Etat qui subventionne (les 23%). C’est ainsi que cette année, l’Etat a demandé que la partie concernant les travailleurs (5%) soit aussi prélevée. Dès lors, des missions de sensibilisation avaient été envoyées à l’intérieur du pays. Mais ça n’avait pas été suffisamment élargi. Tous ceux qui ont été rencontrés dans ce cadre, ont accepté.
Mais les personnes mal informées, surtout ces nouveaux syndicalistes qui ne savent rien de ce qui s’est passé dans le mouvement syndical, qui disent que c’est une baisse des salaires des travailleurs. Non, il s’agit d’une cotisation, dans l’intérêt des travailleurs. Parce qu’en cas de maladie, c’est une prise en charge du travailleur et de sa famille.
C’est ce qu’on a voulu restaurer en Guinée, nous syndicalistes. Maintenant, si à cause de la circonstance, ou des crises sociales que nous sommes en train de traverser, les gens veulent interpréter ça autrement, ça n’engage que ceux qui le font. En tout cas la base est souveraine ».
A rappeler qu’en vertu de l’article 63 de la loi L 0027 du 07 juin 2019 portant Statut Général des Agents de l’Etat ‘‘ le paiement des cotisations sociales pour la pension de retraite et la protection sociale est obligatoire pour les fonctionnaires et l’Etat employeur ’’. A en croire cette disposition, Cette cotisation est répartie comme suit: 18% payés par l’Etat employeur et 5% prélevés sur le salaire du fonctionnaire.
TAOB