Gl Zakaria Camara

Poursuivi pour  « abus de fonction, dégradation de bien privé » au préjudice de Maître Thierno Souleymane Baldé, avocat à la cour, le  directeur central de la police routière, nouvellement nommé  Général, Zakaria Camara, a répondu ce lundi 15 février à sa convocation.

Devant le tribunal de première instance de Mafanco, l’officier qui avait brillé par son absence lors des deux premières audiences, semble n’avoir pas aucune inquiétude.

Pour cause, le procureur Joséphine Loly Tinkiano a demandé au juge Amadou Kindy Baldé de constater “l’incompétence” du tribunal tirant les motifs  de sa démarche sur la qualité de Zakaria Camara .

Pour la représentante du parquet, un “officier assermenté”  ne peut  être jugé que selon une “procédure spéciale”. Elle a ainsi brandi une habilitation en date du 11 février 2021 et qui confère au prévenu Zakaria Camara le statut d’officier de la police judiciaire. Sur ce, elle a  invoqué le « privilège de juridiction » pour demander au tribunal de se déclarer incompétent de juger ce contrôleur général de police et directeur national de la sécurité routière .

Mais d’après Me Salifou Beavogui, l’un des avocats de Maître Thierno Souleymane Baldé, la citation à comparaître en date du 7 janvier dernier est antérieure à l’habilitation présentée par madame le procureur. Dès lors, il a invité le juge à “rejeter l’exception d’incompétence” soulevée par le ministère public. « Le piège est gros. C’est un montage pur et simple. C’est une décision rapidement fabriquée pour soustraire le prévenu des poursuites. En effet, les faits poursuivis contre lui relèvent du mois de janvier et il a été cité à comparaître depuis le 18 janvier. Les faits qu’on lui reproche sont postérieurs à son habilitation qui ne date que du 11 février. C’est après un mois qu’on trouve une habilitation pour lui pour qu’il vienne tenter de se soustraire du tribunal. Nous avons trouvé cette décision ridicule. Et, la loi ne dispose que pour l’avenir, elle n’a aucun effet rétroactif. Pour les infractions qu’il a eu à commettre avant son habilitation le 11 février, il est poursuivi comme tous les citoyens de droit commun. Donc, nous avons opposé un refus catégorique à l’incompétence», a lancé Me Salifou Béavogui, avocat de la partie civile.

Contre toute attente, le tribunal  a renvoyé l’affaire au 8 mars pour statuer sur l’exception d’incompétence soulevée.

TAOB