Aliou Condé,secrétaire général de l’UFDG

La publication des statistiques du fichier électoral ne laisse pas indifférente  les partis politiques en lice pour la présidentielle du 18 octobre prochain.

Le principal parti de l’opposition  a émis des interrogations  sur les chiffres annoncés ce lundi, par la CENI, commission électorale nationale indépendante.

D’après le secrétaire général de l’UFDG, il ya eu de gonflement d’électeurs dans certaines préfectures de la haute Guinée, considérées comme fiefs du parti au pouvoir, le RPG arc-en-ciel. Pourtant, il était convenu que l’audit du fichier devait être mené par les Nations-Unies, l’Union Européenne et l’OIF dans le cadre du comité de suivi, mais malheureusement il n’a été effectué que par la CEDEAO. Une chose que Aliou Condé du parti de Cellou Dalein Diallo trouve “suspecte et anormale”.

« Les chiffres que je viens d’entendre, il y a toujours des disparités régionales qui posent des interrogations. J’ai toujours dit que les chiffres, c’est quelque chose de magique puisque vous ne pouvez pas tripatouiller comme vous voulez. Je vais vous donner deux exemples : Vous avez le cas de Mandiana, qui se trouve aujourd’hui à 203.731 électeurs alors qu’en 2010 on était à 84.367 électeurs. Donc, en 10 ans, l’électorat de Mandiana a progressé 141,50%. Il faut qu’on nous dise d’où viennent ces électeurs. Es-ce qu’il y a une génération spontanée à Mandiana ? Qu’est ce qui se passe ? S’ils viennent dans les autres régions qui sont à côté de Mandiana, il faut constater alors que dans ces autres régions, les chiffres ont baissé, parce que c’est un jeu de population. Si ça monte par- là, il faut savoir que ça baissé quelque part. Il faut nous dire où ça a baissé ? Pourquoi une telle concentration à Mandiana et qu’est-ce qui justifie que les guinéens se retrouvent massivement du jour au lendemain à Mandiana ? Il faut qu’on l’explique. Le cas de Beyla c’est la même chose.  Il était de 221 mille électeurs, là ils ont fait un petit effort ramenant à 158.205 électeurs. Tout cela prouve qu’il y a encore des problèmes », a fustigé, Aliou Condé secrétaire général de l’UFDG.

Ce qui est encore plus grave a-t-il  laissé entendre c’est la violation de du code électoral alors qu’il ne reste 35 jours des élections .

« La loi guinéenne est claire : Lorsqu’on a fini de travailler avec le fichier, il doit être affiché pour permettre à tous les guinéens de voir s’ils figurent ou pas dans le fichier et de constater les erreurs. Et qu’on ait le temps de rectifier les erreurs. Mais on nous appelle aujourd’hui pour nous présenter le fichier en même temps l’émission des cartes électeurs. C’est quoi ça ? Est-ce que vous pouvez émettre les cartes électeurs alors que les guinéens n’ont pas eu le temps de voir s’ils sont dans le fichier ou pas. C’est ça qui nous oppose à la CENI, ces façons de faire. Elle considère que le fichier est un problème de la CENI alors que c’est un problème de tous les guinéens. Si vous allez vous ne trouvez pas votre carte d’électeur qu’est-ce qui vous dit que vous étiez déjà dans le fichier ? Voilà les problème », a-t-il expliqué  en marge  de la réunion du comité Inter-parties.

TAOB