De nombreuses femmes ont rallié ce mardi 11 août 2020 le domicile privé du patriarche de Nzérékoré au quartier Bellevue pour réclamer la libération de leurs maris et fils, en détention à Kankan depuis 4 mois.
Elles sollicitent l’implication de ce dernier pour que leur cause soit entendue par les autorités, après plusieurs démarches en vain.
Depuis leur arrestation à Nzérékoré et déportation à la maison centrale de Kankan suite aux incidents qui ont émaillé le double scrutin du 22 mars 2020, les 44 opposants à un troisième mandat en faveur d’Alpha Condé ne sont plus en contact avec leurs familles respectives qui traversent d’énormes difficultés.
« Depuis qu’ils ont envoyé nos maris, on n’a pas quelqu’un pour nourrir la famille. On a trop souffert, nous avons la charge des enfants, les frais de scolarité de nos enfants et d’autres dépenses pour la famille. On a tous maigri et on n’a rien. C’est pour cela nous sommes-là ce matin nu et couchées par terre pour voir le vieux qui est notre père pour qu’il nous aide à plaider auprès du président afin que ce dernier puisse libérer nos maris », a déclaré Widöh Loua, l’une des manifestantes.
Celle-ci a laissé entendre être victime d’escroqueries avec ses collègues : « nous avons trouvé les gens qui sont venus nous demander de les donner de l’argent pour aider à libérer nos maris mais rien. Moi personnellement j’ai dépensé plus de 10 millions dans cette affaire et nous avons passé par tous les moyens pour gagner gain de cause mais rien ».
Plus qu’un témoignage émouvant et pathétique, Hélène Loua a déballé son cris de cœur avant de lancer un appel pressant à l’endroit du président de la République : «mon enfant qui est en prison, sa femme était en grossesse, elle a subi opération à l’hôpital et personne n’est à côté d’elle actuellement. Je suis obligée de venir ici parce que depuis plusieurs mois, nous sommes sur pied pour le problème-là, sans trouver une solution. On prie le président de la République de nous aider à libérer ces enfants-là. Il doit avoir pitié de nous, pauvres épouses et pauvres mères, qui souffrons depuis l’arrestation de ces personnes ».
Thierno Aissata BALDE