Alpha Madiou Diallo, secrétaire général du SEPGUI

A moins de 72 heures de la reprise des cours dans les classes d’examens et des universités, tous les regards sont rivés sur la réouverture dans les écoles privées.

Des organisations syndicales des enseignants du privé de Guinée menacent de boycotter la reprise des cours dans leur secteur d’activité. Elles réclament aux fondateurs d’écoles privées, le payement de trois mois de salaires (ndlr, avril, mai et juin) aux enseignants qui, depuis le début de la pandémie du coronavirus en Guinée sont restés à la maison sans primes, ni accompagnement, alors que le contrat de l’année scolaire est de neuf (9) mois. A défaut la satisfaction totale de leurs revendications, le SYNEPGUI et le SEPGUI, deux organisations de défense des intérêts moraux et matériels des enseignants du privé, choisiront le débrayage.

Pour remonter au nœud du problème et savoir le motif de leurs revendications et les démarches envisagées,  notre rédaction a accordé un entretien exclusif à l’un des leaders à l’origine du feuilleton. Lisez plutôt ….. !

Affiches Guinéennes : Bonjour Monsieur !
Interlocuteur : Bonjour !
Présentez-vous ?

Je suis Diallo Alpha Madiou, secrétaire général du Syndicat des Enseignants du Privé de Guinée (SEPGUI) et enseignant chercheur.

Alors que vous conditionnez la reprise des cours dans les écoles privées par le paiement de trois mois de salaires des enseignants du privé, dites-nous les démarches que vous avez menées avant d’appeler au boycott ?

Depuis la fermeture des écoles à cause de la pandémie de Covid-19, nous avons engagé des démarches auprès des autorités éducatives et des fondateurs d’écoles privées de Guinée, mais toutes ces démarches sont restées vaines. Nous sommes allés vers tout le monde, tous les acteurs impliqués que ce soit, l’Association des fondateurs d’écoles privées, les autorités éducatives et les autres organisations syndicales. Ils n’ont pas voulu nous comprendre et ils sont restés vraiment très durs.

Après les échecs et certaines incompréhensions  liés à nos démarches, nous avons décidé de prendre notre destin en main. Il est temps pour tous les enseignants des institutions privées de Guinée, du primaire au secondaire y compris le supérieur de prendre leur responsabilité et refuser de répondre à partir du lundi 29 juin 2020. Qu’aucun enseignant ne mette pieds à l’école.

Votre combat pour l’instant ne devrait-il pas s’intéresser exclusivement sur la situation des enseignants évoluant dans les classes d’examens ?

Nous exigeons le payement des arriérés à tous les enseignants non seulement des classes d’examens, mais aussi des classes intermédiaires.

Ici, le problème n’est pas seulement le payement, il ya à peu près dix (10) ans que les enseignants évoluant dans le privé sont exploités, voir colonisés. Ils ne peuvent même pas réclamer leurs droits par crainte de licenciement abusif.   Il est temps de mettre fin à cette situation déplorable.

Comment allez-vous faire pour ramener les fondateurs d’écoles privées à la raison?

Tant que nos revendications ne sont pas satisfaites, il n’y aura pas reprise dans le privé. Au moment où je parle, il ya nos représentants de Mamou qui sont en concertation avec les fondateurs et les jours à venir ceux de Labé vont emboiter le pas pour rencontrer l’association des fondateurs d’écoles privées de Labé.

S’il n’ya pas de compréhension, l’inspecteur régional de Labé a promis de transférer le dossier à la justice. Celui de Mamou également à la présence du gouverneur, promis de convoquer les fondateurs et nos représentants pour trouver de solutions. A N’zékoré aussi, la même démarche est entreprise.

Si vous n’obtenez pas gain de cause à l’issue de vos démarches, comptez-vous engager une procédure judiciaire ?

Nous ne voulons pas pour l’instant engager une procédure judiciaire, mais nous voulons passer par le dialogue. C’est pourquoi, nous avons dit aux enseignants de demander une rencontre avec les fondateurs. Si la solution n’est pas trouvée, nous leur demandons de boycotter la reprise des cours et manifester dans les rues de Conakry jusqu’à Yomou.

Concrètement, avez-vous le soutien d’autres organisations syndicales de l’éducation ?

Nous sommes entrain de demander une inter syndicale, à savoir le SNE, la PEEPG, la FSPE et tous les syndicats de l’éducation du public et du privé pour qu’on conjugue nos efforts ensemble afin de faire changer les fondateurs d’écoles privées qui ont la tête dure.

Avec le revirement à la tête du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, dites- nous vos attentes du nouveau ministre qui a pris fonctions ?

Nous attendons de lui une issue favorable à la crise qui pointe à l’horizon dans le privé.

Nous attendons de lui, une gestion efficace, un résultat positif au niveau de son département et une réglementation du secteur privé éducatif.

Des appels à lancer si vous en avez besoin ?

Nous demandons aux enseignants de resserrer les rangs, de ne plus avoir peur et de rester à la maison s’ils ne sont pas payés. On est pas pauvre parce qu’on a rien, mais parce qu’on ne connait rien.

Merci Monsieur

C’est moi qui vous remercie

Entretien réalisé et décrypté par Thierno Amadou Oury BALDE

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