
La situation des détenus de Kankan pour le dossier des événements du 22 et 23 mars derniers en marge du double scrutin référendaire et législatif, interpelle plus d’un dans les rangs de certains activistes de la société civile.
Après de maintes réclamations du FNDC pour la libération de ses partisans, ce sont des avocats commis pour la défense des opposants au troisième mandat qui interpellent les autorités sur l’état de santé de certains détenus.
« Aujourd’hui, nos clients qui sont à Kankan sont tous malades. Ils ont des gales, des infections, et ces infections sont à l’origine de plusieurs maladies. De la fièvre, le paludisme (…). Donc leur situation m’inquiète. Et quand vous parcourez de façon superficielle le dossier des événements du 22, 23 mars, sans rentrer au fond, parce que c’est un dossier couvert par le secret de l’instruction, on se rend compte qu’il y a une liste préétablie qui a permis d’interpeller surtout les militants et sympathisants du FNDC. Nous avons déposé des demandes de remise en liberté et de médicalisation, d’hospitalisations qui ont été malheureusement repoussées par les magistrats. Certaines ont été acceptées et d’autres repoussées », a expliqué Me Salifou Béavogui, un des avocats du FNDC.
Après avoir interjeté appel, il se frotte les mains en espérant que la Cour d’Appel de Kankan dira le droit dans cette affaire pour que ses clients soient remis en liberté : « nous aurons une audience la semaine à venir à la cour d’appel de Kankan. Quand le pool de juges d’instructions du tribunal de première instance rejette une demande, la cour d’appel peut infirmer ou confirmer cette demande. Je souhaite vivement que la cadence dans l’enquête soit accélérée. Ça fait quatre mois déjà que cette enquête est en cours. Je trouve que c’est déjà suffisant pour ouvrir un procès. Parce qu’il est question de liberté et nos clients sont en prison ».
« Je souhaite que la cadence soit accélérée afin qu’on se retrouve devant un tribunal pour le jugement, à défaut de leur libération. La deuxième chose, en attendant que tout cela arrive, c’est d’accepter que nos clients soient remis en liberté. Ce sont des guinéens, ce sont des pères de famille. C’est d’accepter de leur donner la liberté provisoire et que la procédure continue. Parce qu’après le procès, certains seront acquittés…», s’est-il montré rassurer.
Thierno Amadou Oury BALDE