
Ils sont de nombreux jeunes africains en général, et guinéens en particulier, à choisir le chemin de l’occident pour parfaire soit leurs connaissances, soit chercher le bien-être. Certains d’entre eux d’ailleurs, choisissent l’aventure éternelle pour y demeurer, mais d’autres par contre le retour au bercail pour servir leur patrie après de maintes formations acquises auprès des institutions académiques.
C’est le cas d’un jeune modèle qui a brisé les tentations auxquelles d’aucuns ne résistent pas, face au confort du luxe et de la belle vie.
Aujourd’hui entrepreneur dans plusieurs secteurs d’activités depuis son retour en Guinée, il incarne le rêve d’une jeunesse dévouée et responsable pour le sens de son esprit créatif et son amour à sa patrie.
Ci-dessous, affiches guinéennes vous propose l’intégralité de son entretien publié aussi par ‘‘Jeunesse Humanitaire et Citoyenne’’.
𝐏𝐫𝐞𝐬𝐞sentez-vous à nos lecteurs ?
Je suis Dieng Aliou, Directeur général de Easy Services.
Parlez-nous de vous ainsi que de votre carrière professionnelle ?
Après mon bac en sciences expérimentales au lycée Sainte Marie, je suis parti en France pour continuer mes études. J’ai fais deux (2) ans en Economie Stratégique des entreprises et une année dans une école de commerce Maestris. Après mes formations, je suis rentré en Guinée.
Depuis toujours, je voulais entreprendre, au lieu d’être un homme d’affaires. Pour moi, il existe une différence entre un entrepreneur et un homme d’affaires. L’entrepreneur essaye de bâtir quelque chose autour de lui, pour en faire un monde « finance tout », alors que le business man c’est celui qui vit de coup par coup et qui gagne plus de commissions de par la médiation.
J’ai toujours été persuadé que mon objectif final reposerait sur la construction, réaliser de grandes choses. Parce que je me dis qu’un entrepreneur, c’est celui qui trouve des solutions.
Pour moi, les trois (3) choses les plus importantes sont : se nourrir, se loger et s’habiller. J’ai toujours su ce que je voulais et je savais où je partais.
A mon retour en Guinée, je me suis d’abord créé un carnet d’adresse pour réaliser l’un des deux (2) objectifs suivants : diriger un hôtel ou avoir un complexe de loisirs.
J’ai commencé par ouvrir un bar Lunch qui s’appelle Le Magnum. Lorsqu’on gère un lieu de divertissement, on a accès à tout genre de personnes. Alors, avec ça je me suis créé beaucoup de contacts.
Ensuite, j’ai créé Easy print, une imprimerie, et j’ai innové la sérigraphie qui n’existait pas en Guinée à l’époque. J’ai crée également easy clean, une société de nettoyage, ensuite easy services est né en 2014. Easy services au début, était juste une société de location de véhicules au temps d’Ebola. La société a innové d’autres services dans la location des machines, des engins lourds.
De par mon ambition pour la construction, j’ai commencé par faire une étude de marché. J’ai fais de l’intermédiation en trouvant des marchés de construction pour des entreprises. J’ai commencé à vendre des agrégats (sable, ciment, et gravier).
J’ai ouvert mes propres carrières de sable et de gravier.
Une fois que j’ai commencé à maîtriser les éléments pour faire de la construction, notamment comment bien construire ? Comment construire moins cher ? Comment avoir accès aux plus gros fournisseurs de matériaux de construction ?…, je me suis alors lancé dans le domaine de la construction et Ayant eu une maîtrise de la composition de tous ses éléments.
Grâce à ce parcours et cet apprentissage, j’ai obtenu des marchés d’Etats, de grandes sociétés, et j’ai eu beaucoup de références.
Depuis moins de deux Semaines, avec deux autres partenaires, nous avons acheté des terres d’une très grande superficie pour construire une nouvelle ville à Conakry. Il existera dans cette commune : centre commercial, centre sportif, cinéma, marché local, des cités, des logements, ….
Dites-nous concrètement ce que vous avez fait en terme contribution depuis votre rentrée au bercail ?
Depuis que je suis rentré en Guinée, j’ai apporté mon grain de sel sur les différentes crises que le pays a traversé jusque là.
En 2012, avec le chaos que le fléau de l’ethnocentrisme a créé dans notre pays, je ne me suis pas radicalisé, au contraire, j’ai créé une association ANTI-ETHNO dont j’étais le président.
J’ai réuni tous les jeunes actifs des différents partis politiques notamment le RPG, l’UFDG, UFR,… pour en faire des mouvements, dont l’objectif était d’aller réconcilier dans les quartiers.
Au temps d’Ebola, j’ai été l’initiateur de « STOP EBOLA » avec la main, un slogan qui a été utilisé et a été populaire dans le monde entier. J’ai créé ce concept dans ma petite imprimerie. J’ai participé pleinement à ce combat.
J’ai réalisé une stratégie très efficace pour participer à l’éradication d’Ebola.
Je procédais comme suit : je confectionnais des t-shirts que je présentais et vendais aux hommes politiques, aux artistes, aux ambassadeurs …. pour récolter des fonds destinés à acheter de l’eau de javel, du savon, pour en faire bénéficier les plus nécessiteux.
Connaissant le porte feuille économique de la Guinée, dire à un citoyen qui n’arrive pas à subvenir à ses besoins primaires, d’acheter du savon et de l’eau de javel pour lutter contre EBOLA, était presqu’impossible. J’ai alors mis cette initiative en place pour leur venir en aide.
En plus de cela, dans la zone appelée « GNIARI WADA », qui est considérée comme une zone un peu difficile d’accès “a voir le Reportage STOP EBOLA à Hamdallaye disponible sur youtube “, j’ai organisé un concert, emmené des membres des partis politiques pour sensibiliser.
Pour clôturer j’ai mis à leur disposition, un forage, des lampadaires (les jeunes jouaient au foot jusqu’au matin).
Il faut savoir que les jeunes de cette zone ne sont pas ce que les gens prétendent qu’ils soient. Ce sont des jeunes qui ont besoin d’écoute et d’espoir.
Avec cette campagne, et une autre association que j’ai crée « A L’ECOUTE DE LA JEUNESSE », nous avons pu réduire le taux de violence dans cette zone.
Le ministère de la jeunesse a pris le relais sur l’association, en faisant une journée nationale de la Jeunesse dont le but était de rencontrer les jeunes, de les écouter, et d’essayer de trouver des solutions ensemble.
Comment conciliez-vous activités professionnelles et préoccupations personnelles ?
Très actif de nature, je gère le maximum. Je suis polyvalent, j’apprends tous les jours, de la plus petite échelle à la plus grosse. Je fais des négociations de marchés, des consultations, et je travaille avec les ingénieurs …. Je suis surtout un agent de terrain.
Quels sont les enjeux du quotidien ?
Les enjeux sont très complexes, on me trouve très jeune. Car, la plupart du temps j’évolue dans des milieux où sont présents des personnes beaucoup plus avancées.
On n’est pas assez nombreux dans le domaine et en trouvant des personnes plus âgées, les négociations s’avèrent plus compliquées car, le social occupe une place importante en Guinée. Le fait qu’on catalogue la jeunesse comme des gens inexpérimentés, paresseux, pas très motivés, pas engagés… Avec tous ces préavis, avis et opinions, en tant que jeune, tu es obligé de travailler quatre fois plus que les autres. Il faut beaucoup de persévérance et de courage.
Qu’apprenez-vous de vos difficultés ?
Pour moi, les difficultés sont une source de motivation.
« L’échec est la motivation du victorieux » proverbe Ivoirien.
Quand tu rencontres des obstacles, tu fonces en sachant que tu peux recommencer. Si on se bloque à un(1), on peut aller à deux (2) et même à trois (3).
Quand je passe des mauvaises journées, ou quand je fais face à des situations difficiles, c’est le moment idéal pour moi de me reposer. Tant que mon moral est au taquet, je réfléchis à comment changer les donnes et innover.
Il faut s’attendre à partager les mêmes gains, quand on fait la même chose que les autres
Dans l’innovation, tu prends ta part car, « tous les jours c’est un autre jour et il ne faut jamais baisser les bras ».
Quelles satisfactions avez-vous de vos réalisations ?
Aujourd’hui, je ne vis pas de rêves, je vis de projets.
Se donner les moyens, c’est ma plus grande satisfaction. Je suis satisfait d’en arriver là.
Quand je suis rentré en 2010, c’était la jungle. Cependant, j’ai résisté. Dans les autres pays développés, ils se sont battus pour le mode de vie dont ils bénéficient aujourd’hui.
Je pense que ce n’est pas en en critiquant que l’on peut avancer. Il faut être patriote, proposer des solutions et œuvrer pour le développement.
Certainement, une devise a motivé votre génie pour réussir vos projets. En parlez-nous ?
Ma plus grande devise est « Never give up » « Ne jamais baisser les bras ». Il n’y a aucun problème sans solutions.
Alors, avez-vous des conseils à l’endroit de la jeunesse ?
J’aimerai dire à ces jeunes Africains et Guinéens que c’est nous Jeunes qui pourront changer les choses.
C’est bien de partir ailleurs pour développer son apprentissage et élargir ses connaissances, mais c’est plus bénéfique de rentrer chez soi et les adapter à sa réalité.
Je vais rajouter que rien n’est impossible. Quand je rencontre de grandes personnalités, je ne les envie pas, au contraire, je songe à faire comme eux et encore plus qu’eux.
Ibrahima Telly BARRY, directeur de publication