
Les activistes des droits de l’homme réclament toujours des autorités guinéennes la libération des détenus des centres pénitentiaires du pays pendant cette période du covid-19. A défaut, la prise des dispositions humanitaires à leur égard pour limiter la chaîne de contamination. C’est le cas de l’ONG Avocats Sans Frontières.
Par la voix de son président Maître Koné Aimé Christophe Labillé, la dite organisation regrette la découverte de cas positifs parmi les détenus dont certains seraient suite du coronavirus.
Lisez plutôt son intervention en substance consultée par votre quotidien en ligne.
« Pour ce qui est de la maison centrale, c’est très dommage qu’on enregistre des morts dans un lieu où les personnes sont privées de leur liberté. La prison, c’est pour éduquer et non pour tuer. Quand on a vu l’ampleur de cette maladie, certains pays limitrophes, comme le Sénégal, ont pris des décrets pour libérer un certain nombre de prisonniers. Ils ont pris aussi des mesures humanitaires s’agissant du cas Hissène Habré. On lui a accordé une liberté, le temps que la maladie passe. Chez nous aussi, on aurait dû le faire »
Ce qui devrait être le sort des condamnés et des détenus temporaires
« Il y a deux catégories de prisonniers dans nos prisons, de Conakry jusqu’à Yomou. Il y a des personnes qui sont jugées et condamnées, donc qui sont en train de purger leurs peines. Et il y a d’autres qui attendent leur jugement. On peut faire la part des choses sur ces deux camps. Ceux qui sont condamnés, qui sont en train de purger leur peine, devraient être graciés. Parce qu’on sait qu’ils ont compris la leçon. On leur accorde la grâce pour qu’ils puissent recouvrer leur liberté et qu’ils puissent se réinsérer dans la société. De l’autre côté, ceux qui attendent le jugement, la loi dit qu’il y a la présomption d’innocence. La détention est l’exception, la liberté c’est le principe. Alors, vu l’ampleur de cette maladie, on devrait prendre des ordonnances de mise en liberté. La plupart de ces gens là ont des avocats à qui on peut les confier. Ils ont une garantie de représentation. Quand on sait que depuis le 25 mars 2020 le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux a pris un arrêté pour suspendre toutes les audiences, alors quand on attend ton jugement pendant que les juridictions sont fermées, le jugement ne va pas arriver. Pourquoi ne pas accorder la liberté à ces personnes là, le temps pour nous de combattre l’ennemi commun qui est invisible et après quand les tribunaux vont rouvrir on peut leur fait appel, on peut les juger ? ».
Les attentes de l’ONG vis-à-vis du premier magistrat du pays et de son ministre de la justice
« Je demande humblement au président de la République, au ministre de la Justice, Garde des Sceaux qu’ils puissent voir la situation…En prison, on ne peut pas parler des mesures de distanciation sociale. Les gens sont entassés dans les cellules. Il faut que nos autorités accordent cette mesure. Si on ne veut pas accorder de la grâce, au moins qu’on puisse élargir un certain nombre de personnes pendant ces moments là. Et quand la maladie finie, quand la justice va reprendre son chemin, on puisse leur faire appel. Encore une fois, la maladie est réelle, elle est dangereuse et nos prisons ne peuvent pas à ce jour contenir le nombre de personnes qui sont dedans. Il faut qu’ils décantent en regardant nos différentes prisons à partir de la maison centrale de Conakry jusqu’au dernier lieu de détention sur notre territoire national. Qu’on puisse accorder des mesures humanitaires pour qu’il n’y ait pas de catastrophe dans nos prisons».
Thierno Amadou Oury BALDE