L’apparition  d’un nouveau coronavirus  (SARS-CoV-2)  en décembre 2019 à Wuhan en Chine, endeuille le monde entier avec plus de 80.000 décès,  contraignant ou incitant plus de  quatre milliards d’individus à se confiner dans 100 pays du monde et plongeant l’économie mondiale dans une récession économique sans précédent. Plus de 500 millions  de personnes menacées de pauvreté dans le monde.

Les dirigeants du monde sous la houlette de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s’activent en échafaudant les différentes stratégies pour stopper d’abord la propagation  de ce virus  très contagieux et ensuite l’endiguer.

Le plan d’urgence du Gouvernement de la République de Guinée, évalué  à plus de 3000 milliards de francs guinéens, s’inscrit en droite de cet objectif ultime.

Les premiers signaux ne semblent pas s’inscrire dans cette trajectoire et pour cause.

Il y a d’abord un besoin criard de coordination des diverses interventions des pouvoirs publics, des partenaires au développement et des milieux associatifs.

Le ballet des professionnels de la santé au siège de la Présidence guinéenne, des  membres du Gouvernement, des chercheurs, des médecins et  des activistes de la société civile guinéenne sur les plateaux des médias publics et privés, en est assez  symptomatique de cette triste situation.

La mise en place d’un comité mixte de coordination nationale, composé d’experts scientifiques, à l’aune de la valorisation de la Recherche Scientifique en Guinée depuis l’arrivée du nouveau ministre de l’Enseignement Supérieur, incluant les sciences humaines et sociales, les médecins et les acteurs de la société civile, capables de prendre en compte des divers besoins des catégories sociales plus vulnérable au Covid-19, deviendra un catalyseur de mutualisation de compétences et de ressources financières disponibles dans le cadre de cette guerre contre Covid-19.

 La prise en charge de patients de Covid-19 au nom de l’équité est à ce prix. Face à la maladie il n’y a pas une échelle de citoyenneté. Le principe de l’autonomie financière doit aller avec l’obligation de solidarité, car l’autonomie financière ne doit point être utilisée au détriment de la communauté de destin.

Ainsi que la refondation  des différentes stratégies de communications qui n’ont point de socle social en vue de les rediriger vers les cibles les plus vulnérables de notre société face à cette pandémie notamment les prisonniers, les conducteurs de motos taxis,  des  personnes handicapées, les chauffeurs de transports urbains, interurbains,  des femmes vendeuses de condiments, de poissons frais ou fumés, des marchands ambulants, des travailleuses de sexe…

L’information, la formation, la sensibilisation et l’éducation de ces couches vulnérables pourraient y être densifiées et massifiées  par la réquisition des mass-médias et des réseaux sociaux. Jusqu’à date les medias locaux et réseaux sociaux restent confinés dans leurs cadres professionnels et faisant incursion de temps à autre en fonction des sollicitations sporadiques de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, de l’Organisation mondiale de la santé, des organisations de la société civile en dehors de tout formalisme, de contrat de performance…

C’est pourquoi les pouvoirs publics devraient contracter avec ces médias locaux à travers la mise à disposition de l’aide à la presse nationale. Ces médias locaux, victimes collatérales de Covid-19,  baignent actuellement dans une situation de précarité, faute d’annonceurs.

Ce partenariat pouvoirs publics et medias deviendra ainsi un pacte social, un maillot essentiel entre les décideurs, les partenaires au développement de la Guinée et les communautés impactées ou susceptibles de l’être par l’émergence et la floraison des cadres sociaux, locaux et professionnels comme conséquences directes d’une telle approche. L’obligation de résultats devenant ainsi obsessionnelle pour  ces entités médiatiques hétéroclites.

La forte appréhension de la part des citoyens de la perte de leurs  libertés fondamentales   pour cause d’utilité publique par le confinement et le couvre-feu dans le pays se nourrit de cette anomalie.

L’information et la sensibilisation par les acteurs intermédiaires tels que les partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile y compris les médias locaux annihileraient le scepticisme des citoyens qui accepteraient volontiers un tel arbitrage pour leur propre survie et celle de la communauté en acceptant de la confiscation momentanées de leurs libertés fondamentales.

La stratégie nationale doit donc  être inclusive pour pouvoir susciter la responsabilité individuelle et collective dans un pays, polarisé, divisé et idéologique en vue de venir à bout de ce virus très contagieux.

                                        Moussa Iboun CONTE