SLECG GREVE

Le syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) version Aboubacar Soumah a convoqué une réunion d’urgence le jeudi 28 janvier à son siège. Objectif, prendre une décision suite à la signature du protocole d’accord le mardi 29 janvier entre le gouvernement et les syndicats non-grévistes de l’éducation.  Un  protocole qui envisage  le payement d’un montant de 21 milliards 268 millions 200 milles francs guinéens comme prime d’incitation pour les enseignants en fonction des zones.

Pour le secrétaire général du SLECG Aboubacar Soumah, il s’agit d’un non-événement.  A l’en croire, il n’en est pas question de renoncer le mot d’ordre de grève, jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications. Revendications relatives  à l’augmentation  du salaire des enseignants à  8 millions gnf et l’engagement des contractuels sans conditions.

«  Le bureau national par ma voix réitère sa décision, sa ferme volonté à poursuivre le mot d’ordre de grève déclenché le 09 janvier 2020. Nous invitons tous les enseignants et enseignantes de Guinée à resserrer les rangs pour qu’ensemble nous puissions observer le mot d’ordre de grève jusqu’à l’obtention définitive de la satisfaction de ces deux points », a lancé Aboubacar Soumah.

Dans le protocole d’accord, poursuit-il, «  on nous parle de primes d’incitation, c’est ce qui peut résoudre les problèmes des enseignants, alors que nous sommes en train de croupir dans la misère. Pendant ce temps, ils attribuent des salaires colossaux aux magistrats. Nous avons vu un magistrat qui a une prime de transport de 5 millions GNF, donc qui dépasse le salaire de l’enseignant le plus payé de l’éducation avec hiérarchie A qui touche 4 millions GNF, qui représente le salaire indiciaire et les primes ».

« Une seul prime d’un magistrat est supérieur au salaire d’un enseignant qui est au sommet de sa hiérarchie. Où est la justice dans ce pays? Allons-nous reculer parce qu’on a gelé nos salaires ? », interroge-t-il les grévistes.

Dès lors, il invite ses camarades à prendre leur mal en patience en poursuivant la grève : « La police, la gendarmerie, l’armée, les autorités à tous les niveaux sont braqués contre nous pour nous réprimer, humilier, bastonner, arrêter et condamner. Pouvons-nous accepter cet état de fait? Alors, levons- nous, défendons nos droits. Tant qu’une proposition concrète n’est pas faite atour des 8 millions et que les enseignants contractuels ne sont pas engagés sans conditions, la grève continue ».

En réponse, les grévistes tiennent des slogans : «  pas de recul,en avant, à bas les traîtres ».

Mariama Conté