Opposition guinéenne

Alors que  le chef de  l’Etat Alpha Condé a signé le décret d’ouverture de la campagne des élections législatives du 16 février prochain, l’opposition se coalise à travers un autre front.

Dans une requête  relative à la saisine de la Cour Constitutionnelle, Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, Sidya Touré de l’UFR, Faya Milimouno  du BL et compagnie dénoncent des graves anomalies qui selon eux ont émaillé le processus électoral. Il s’agit, du manque l’indépendance de la CENI, du non respect des délais légaux, un fichier électoral pompeux.

Ces leaders politiques de la classe politique de l’opposition demandent la reprise de l’enrôlement des électeurs et l’établissement d’un fichier consensuel et le départ de maitre Kébé à la tête de l’organe électoral.

« Le combat est en train d’être mené sur tous les terrains que ce soit politique ou juridique. Il n’y a pas que le recours des partis d’opposition, il y a aussi le recours des commissaires même de la CENI. Sept commissaires sur 17, voyant que le processus est en violation de la Loi, ont fait un recours qui est devant la Cour Constitutionnelle. Elle a déjà entendu l’avocat des sept commissaires frondeurs ensuite Kébé lui-même »,  a expliqué Faya Milimouno.

 Même s’ils ne s’attendent pas à un résultat probant  avec la saisine de l’institution constitutionnelle, les opposants veulent faire preuve du respect de la primauté du droit  et de la justice, a  en croire Faya Milimono : « C’est pour montrer que ce dont nous parlons, c’est parce qu’il y a violation flagrante de la Loi. Nous savons que la Cour Constitutionnelle est l’antichambre de la présidence, elle peut ne pas dire le Droit, mais c’est une manière de la mettre à l’épreuve. Chacun devra répondre de ses actes devant l’histoire ».

« Ce que nous avons dit, ce n’est pas pour lancer de la parole en l’air. Nous n’accepterions pas une élection bafouée qui peut conduire à de la violence dans notre pays. Nous restons sur cette position-là. Nous voyons une fuite en avant avec le décret pris par le Président. Il est réduit maintenant à signer des décrets parfois en ne respectant pas les délais. Ces élections devaient se tenir en 2018. Ce n’est pas aujourd’hui qu’il faut montrer qu’on a un stylo et un papier pour signer des décrets. Nous  empêcherons ces élections là parce qu’elles sont de nature à créer de la violence dans notre pays, elles sont de nature à permettre le tripatouillage de la Constitution dans notre pays et compromettre l’avenir de nos enfants. Pour cela notre responsabilité devant l’histoire est de les empêcher »,  a renchéri l’opposant.

Thierno Amadou Oury BALDE