SINISTRES DE SOUAPITI

L’Union pour la Défense des Sinistrés de Souapiti (UDSS) était devant la presse en début de semaine. Ce, pour se prononcer sur les conséquences de la fermeture de la vanne du barrage de Souapiti sur les populations riveraines.

Au cours de cette rencontre, ces sinistrés par le projet de Souapiti par la voie de leur porte-parole, Me Oumar Aissata Camara , ont interpellé le président de la République Alpha Condé. Selon eux, la population riveraine du barrage hydroélectrique est aujourd’hui une population toujours désœuvrée.

«  Les responsables du projet de Souapiti sont en train de se précipiter pour la réalisation du barrage sans analyser les conséquences. La population est en état de désespoir dans la mesure où les autorités du barrage hydroélectrique ont préféré fermer la vanne, alors qu’il y a une partie de cette population qui n’a non seulement pas été recensée, mais il y a d’autres qui ont été recensées mais elles n’ont pas encore étés réinstallées sur les nouveaux sites. Aujourd’hui, les villages qui ont été recensées mais qui n’ont pas été installés encore sont en train d’être inondés à tel point que personne ne veut rester dans ces villages. Les gens ont pris leurs bagages, tout le monde a quitté dans les villages. Quelques uns seulement qui y restent jusqu’à présent. Et, ces gens sont sans abris. Il n’y a aucune maison construite pour eux pour qu’ils puissent aller y rester. Il n’ya non plus eu d’indemnisation ni de dédommagement. Et on a tout fait, mais les autorités refusent d’entendre ce qui se passe dans ces localités. elles ont tout simplement préféré fermer la vanne du barrage quelque soit les conséquences », a expliqué le porte-parole avant de rappeler que ce projet a prévu de prendre en charge des populations impactées par la construction du barrage de Souapiti .

«  Il est prévu que pour déplacer une population d’un point A à un point B pour cause d’utilité publique, c’est normal, c’est logique mais qu’on réinstalle l’intéressé sur de nouveaux sites qui vont être construits conformément aux règles de l’art ou d’ailleurs plus que ce qu’il avait précédemment. Malheureusement, rien n’est fait. Quand on prend un cultivateur on l’envoie à un endroit où il n’a absolument rien à faire, il n y a plus d’espaces agricoles pour l’intéresser, ça devient compliquer. On pouvait comprendre des sites qui ont des maisons, mais aujourd’hui ils ne veulent même plus construire. On ne peut pas comprendre qu’un projet de la carrure de Souapiti soit fait sans que les populations impactées ne soient réinstallées. Et, même ceux qui ont été réinstallés se lamente. Les gens traversent des situations inhumaines. 12 355 personnes ont été déplacées.  Ils ont préféré leur envoyer un sac de riz par trois mois et par ménage au lieu de leur créer des conditions pouvant leur permettre de se prendre elles mêmes en charge. Sur les 16 sites déguerpis, il n’y a que 5 seulement qui ont été réinstallés, les autres sont abandonnés a eux-mêmes », a fustigé Me Oumar Aissata Camara.

Ces populations impactées par ce projet accusent le ministre de l’énergie et d’hydrocarbure Cheick Taliby Sylla d’avoir connu la triste situation de ces sinistrés et reste sans rien faire. C’est pourquoi, ils ont interpellé le président Alpha Condé : «  on attire l’attention du président de République sur ce qu’il est en train de nous arriver. Il faut que le président Alpha Condé prenne ses responsabilités. Le ministre Cheick Talybi Sylla, lui connait pertinemment la situation. Le lundi dernier, il était sur le terrain, il a préféré visiter une partie du terrain et laisse d’autres parties. Alors qu’il sait pertinemment que plusieurs villages sont concernés. On lui a adressé une lettre depuis le 1er août, il n’a pas répondu, il n’a même pas voulu savoir qu’est ce que nous revendiquons, il s’est même pas intéressé à notre lettre, il est toujours sur le terrain on ne sait pas qu’est qu’il fait ».

Mariama Conté