Flash-Info

Violences faites aux journalistes en Guinée : l’avocat des victimes dénonce un déni de justice

Me Thierno Souleymane BALDE

Les gendarmes qui commettent des bavures sur les hommes de médias sont-ils exonérés de leurs responsabilités en raison de l’inertie de la justice guinéenne?
Que font les juridictions compétentes pour sanctionner les hommes en uniformes qui outrepassent leurs prérogatives ?

Ces questions sont entre autres celles attirent l’opinion sur les infractions commises sur les journalistes.

Victimes de bastonnades et destruction de leurs matériels de travail de la part des gendarmes de l’escadron mobile numéro 3 de Matam lors de l’interpellation en Octobre dernier du coordinateur général du groupe de presse Gangan Tv(Aboubacar Camara), les journalistes concernés dénoncent à travers leur avocat le mutisme, voir la lenteur qui caractérise l a justice dans ce dossier .

Joint au téléphone par notre rédaction ce Jeudi, 12 avril 2018, l’avocat des victimes Me Thierno Souleymane BALDE indique qu’aucune évolution n’est enregistrée dans le dossier, malgré les preuves patentes qu’ils ont mises à la disposition de la justice.

De facto, il a déploré ce qu’il qualifie « déni de justice » ainsi qu’une « justice sélective ».
Lisez !
Bonsoir Maître Thierno Souleymane BALDE
Bonsoir !
Quel est l’état d’avancement du dossier pour lequel vous êtes constitué avocat des journalistes victimes de violences des agents de la sécurité?
Le dossier n’avance pas, c’est le même statuquo.
Depuis que nous avons déposé la plainte jusqu’aujourd’hui, il n’y a pas de progrès. On nous avait promis qu’il y aurait une enquête pour déterminer la responsabilité des uns et des autres. Et, si vous vous rappelez, au-delà de la plainte que nous avions déposée, nous avions aussi soumis un CD où il y avait les images d’un bon nombre de gendarmes qui étaient impliqués dans l’attaque des journalistes. Nous estimons qu’il y a suffisamment de preuves et d’éléments qui permettront, s’il y a la volonté, de facilement identifier les personnes concernées pour les traduire en justice.
Voulez vous parler alors d’une justice sélective ?

Bien sûr ! On sait lorsqu’il ya certaines plaintes qui sont déposées, la justice est très rapide pour diligenter la procédure, alors que pour d’autres plaintes il n’ya aucune action qui est entamée, il n’ya pas justice.
En Guinée, nous avons une justice sélective. Lorsqu’il y a une catégorie de personnes qui est concernée, la justice agit vite et lorsque c’est d’autres, c’est l’oubli. Dans ces conditions, c’est difficile de faire valoir les droits élémentaires de nos concitoyens.
Est-ce qu’on peut évoquer la complicité de ceux qui auraient commis les infractions avec la justice pour classer l’affaire comme l’estiment certains?
Non ! La complicité c’est lorsqu’il ya une participation active ou passive au niveau de la commission de l’acte. Mais on n’est pas à ce stade.
Là, on parlera de beaucoup plus de déni de justice. Parce que lorsqu’un citoyen qui dépose une plainte sous prétexte qu’il est victime d’une infraction, c’est son droit. Et les autorités judiciaires devraient veiller à ce que l’affaire soit examinée. Lorsqu’il n’ya pas une suite dans un délai raisonnable qui est faite au niveau de sa plainte, on parle de déni de justice.
Le Ministre de la justice est-il interpellé sur ce dossier ?
Vous savez qu’il est déjà informé. Il sait tout ce qui se passe.
La manifestation que les journalistes avaient faite, il était là et il le savait. Au-delà, il suit l’actualité.
Que comptez-vous faire dans les prochains jours ?
Nous allons continuer à demander le parquet général de Conakry de diligenter la procédure enfin que les victimes puissent vraiment obtenir réparation par rapport à tous les préjudices qu’ils ont subis.
Si votre demande reste lettre morte, allez vous saisir d’autres juridictions supérieures ?
Là, ça dépendra du point de vue des victimes. Puisque que nous sommes des avocats, nous faisons ce que clients nous demande de faire.
Qu’à cela ne tienne, allons essayer de faire des plaidoyers et des lobbyings afin que l’affaire soit instruite et que les journalistes victimes puissent êtres rétablis.
Vous savez dans quelles conditions les journalistes travaillent dans notre pays. Lorsqu’on détruit leurs matériels, il est très difficile d’avoir les moyens pour les remplacer. Mais, à ce stade, nous n’avons pas autre chose à faire, sinon que de veiller à ce que la plainte aboutisse et que justice soit rendue.
Merci Maître !
C’est moi qui vous remercie !
Entretien réalisé et décrypté par Thierno Amadou Oury BALDE, spécialiste des questions juridiques et judiciaires
628 445 199 / 666 200 234

Facebook Comments

55total visits.

Leave a Response

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


*