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Mutilation génitale : Un cauchemar pour… les filles !

Malgré les interdictions du gouvernement et l’implication des institutions internationales, telles l’organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Unicef contre les mutilations génitales féminines, les jeunes filles vivent toujours le même cauchemar en Guinée,

surtout en milieu rural où les coutumes et mœurs semblent avoir la tête dure.

Des fillettes âgées, entre cinq et dix ans sont exposées à cette pratique ancestrale honteuse qui a évolué à travers le temps à une époque où les exciseuses utilisaient des couteaux à lame. Avec la modernisation,  elles utilisent des ciseaux. Les fillettes sont conduites dans une douche ou dans des chambres pour subir la mutilation. Suite à cette amputation, certaines fillettes saignent jusqu’à perdre la vie.

Mais la pratique varie selon des facteurs, telle que l’appartenance à un groupe ethnique et à une religion. La mutilation génitale est toute ablation partielle ou totale des organes génitaux externes des filles, jeunes filles ou femmes.

L’organisation mondiale de la santé (oms) et l’Unicef ont organisé le 8 février 2006, la journée internationale de tolérance zéro à la mutilation génitale. Où cinq cent (500) femmes ont déposé leurs couteaux. En dépit de ce dépôt, les jeunes filles vivent toujours le même cauchemar. Les parents pensent qu’une fille non-excisée, sera victime de moquerie de leurs camarades excisées et sera dans la rue en train de vendre son corps.

Kadiatou est une fillette de dix ans, elle affirme : « j’ai été excisée à six ans. Ma grand-mère m’a réveillé à l’aube où il y avait de la brume. Nous sommes parties chez la voisine, son amie d’âge. Et l’exciseuse nous attendait dans la douche. Après quelques instants, mon tour est arrivé. Ma grand-mère m’avait dit de ne pas crier. je suis rentrée avec une peur bleue. A l’intérieur j’ai vu d’autres femmes qui m’ont fait coucher sur une natte. Et Jai eu très mal, mais je pouvais ni crier ni pleurer. Au terme de l’opération, j’ai beaucoup saigné et ma grand-mère m’a donné un médicament traditionnel à boire. Et la douleur psychologique me revient chaque fois en mémoire. »

 Aminata est une jeune femme de vingt neuf ans et mère de deux enfants. Elle raconte son aventure : « J’ai subi la mutilation génitale à l’âge de sept ans quand ma tante m’a conduit dans un lieu éloigné de la maison. je me rappelle comme si c’était hier. A notre arrivée, je suis rentrée toute seule. C’était un lieu très bizarre, j’avais le souffle coupé, mais la femme m’a rassuré. »

Quant à la douleur, elle ajoute : « J’ai ressenti la douleur et j’y ai serré les dents. Quand j’ai commencé à voir mes menstrues, j’avais des douleurs au niveau de mon bas-ventre. Et je restais coucher pendant trois jours. A l’hôpital, le médecin consultant m’a prescrit des calmants. Quand je me suis mariée. J’ai eu quelques difficultés lors de ma première grossesse. et le jour de l’accouchement, mon mari  m’a finalement amené voir un gynécologue qui a confirmé que l’origine de mon mal est dû à l’excision.  Il reçoit  à chaque fois des patientes de mon genre. Je vais pas faire subir le même sort à mes filles, car je veux leur bonheur et je le dis à chaque fois, que je suis contre cette pratique. »

Nènè Binta est mère de famille âgée de 50 ans. Elle est contre l’abandon de l’excision : « Je suis contre l’abandon de l’excision. Si les parents n’excisent pas leurs filles, elles finiront dans la rue ou seront en concubinage.  

Depuis que le gouvernement a interdit cette pratique, nous constatons beaucoup de grossesses non désirées. Mieux  nous avons trouvé nos parents sur cette pratique, et  nous devront suivre leurs traces jusqu’à la mort.  Car, c’est un héritage pour nous, a-t-elle martelé. »

A rappeler que les excisées sont touchées dans leur chaire et dans leur esprit pour toujours. Lors de l’excision, certaines filles subissent des chocs suite à de la douleur ou des hémorragies, Les filles souffrent d’infection interne, de stérilité aigue. Elles ont des relations intimes douloureuses avec leur mari.

L’OMS a constaté que les victimes peuvent avoir des problèmes physiques comme les chocs, lésions des organes voisins, la douleur aigue, l’absence de cicatrisation, la formation des kystes, le VIH/Sida et autres maladies transmissibles par le sang infecté des voies génitales et la complication lors du travail et de l’accouchement.

En Guinée, beaucoup de parents pensent comme  Nènè Binta, mais continuent la pratique ancestrale alors que l’excision n’est transcrit ni dans le coran, ni dans la bible. Les chefs religieux l’ont confirmé à savoir que bon nombre de fillettes innocentes ont contracté des sales maladies à partir de là. Mais, la même chose se vit tous les jours. Les parents,  quant à eux, font la sourde oreille et continuent.

A quand vont-ils comprendre que les mutilations génitales sont nuisibles pour la santé de la femme ?

 

Aïcha Barry (Stagiaire)

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