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« La politique étrangère de la Guinée est satisfaisante » : Mifougo Youssouf Diarrassouba, Ambassadeur de Côte d’Ivoire en Guinée

Conakry, le 08 Janvier 2018 – Deux pays voisins, avec un passé historique commun, des relations solides et intenses au fil du temps et maintenant, une convergence de vue clairement affichée par deux Chefs d’Etat dans des domaines aussi variés que l’industrie, le commerce, la jeunesse, l’énergie, le tourisme, les TIC etc., devraient concourir à la construction d’une coopération durable entre la  Côte d’Ivoire et la République de Guinée. Le BDG s’entretient avec l’ambassadeur Diarrassouba accrédité depuis six ans en Guinée.


 

Bonjour Monsieur l’Ambassadeur. Veuillez s’il vous plait, vous présenter aux lecteurs du Bulletin du Gouvernement.

 

Je voudrais avant tout propos, adresser une infinie reconnaissance à Monsieur Mamady Touré, Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger qui, par l’entremise de son Service de Communication, m’offre l’heureuse et agréable occasion de me présenter,  et retracer mon parcours diplomatique jusque-là.

Je suis Mifougo Youssouf Diarrassouba, nommé par le décret N° 2011-244 du 19 Septembre 2011 du Président Alassane OUATTARA, en qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Côte d’Ivoire près la République de Guinée où j’ai présenté mes Lettres de Créances le 30 Septembre 2011 à Son Excellence Alpha Condé, Président de la République de Guinée.

Je suis marié et père de quatre enfants.

Ma carrière professionnelle a commencé au Ministère de l’économie et des finances, à l’issue de ma formation au Cycle supérieur de  l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) d’Abidjan, Section Trésor ; j’ai ensuite été successivement :

ü Fondé de Pouvoirs de mars 1996 à septembre 2003,  à la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor ;

ü Directeur des Affaires Administratives et Financières (DAAF), de  septembre 2003 à mai 2007, au Ministère d’Etat, Ministère de la Communication, chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion ;

ü Chef de Cabinet Adjoint de juin 2007 à février 2010 au Cabinet du Premier Ministre de Côte d’Ivoire ;

ü Trésorier, membre de la Commission Centrale de la Commission électorale Indépendante (CEI), de février 2010 à septembre 2011 ;

ü Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire depuis le décret N° 2011-244 du 19 septembre 2011, en poste à Conakry où, grâce à Dieu, les  relations diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et la Guinée sont au beau fixe ! Ce dont je me réjouis fortement.

La Guinée et la Côte d’Ivoire entretiennent des relations bilatérales depuis les premières heures de l’indépendance. Quels sont, plusieurs dizaines d’années après, les principaux axes de Coopération entre les deux pays ?

 

Les deux pays se sont engagés à coopérer dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, des ressources animales et halieutiques. Dans cette perspective, les ministres concernés  se sont réunis en conclave à Conakry le 23 juin 2016, en vue de renforcer l’axe Abidjan-Conakry dans le cadre du développement de ces secteurs.

Ainsi, s’agissant du domaine agricole, la Côte d’Ivoire a décidé d’aider la Guinée à développer le secteur cacao, café, anacarde ; en mettant à sa disposition  des graines pré germées qui vont être mis en pépinière et  par la suite servir à créer des plantations. Il s’agit in fine de faire de la Guinée, à l’instar de la Côte d’Ivoire, un pays dont l’économie repose sur l’agriculture. Il en va de même pour la pêche et l’élevage, domaines dans lesquels la Côte d’Ivoire entend apporter son expertise.

Concernant le secteur de la pisciculture, la Côte d’Ivoire s’engage également à aider la Guinée à mettre en place des stations pour produire beaucoup d’alevins, dans le but de peupler en poissons, les fleuves, lacs, et rivières des deux Etats. Comme l’a dit le Président de la République, Pr Alpha Condé, les populations guinéennes ont pour habitude alimentaire la viande rouge ; il souhaite désormais orienter les besoins alimentaires vers les produits halieutiques.

Toutes les recommandations de ce conclave devaient être présentées aux Présidents ivoirien et guinéen, initiateurs de ces travaux, pour leur validation.

A côté de ces axes, la Côte d’Ivoire entend faire partager son expérience en matière d’assainissement et de construction, à la République sœur de Guinée à travers le BNEDT.

Vous vous souvenez par ailleurs que des hommes d’affaires ivoiriens et guinéens  s’étaient retrouvés sur le sol guinéen, pour une convergence de leurs vues dans le cadre de l’amélioration des affaires entre ces deux pays et au-delà, dans la sous-région. Ces rencontres se sont poursuivies à Abidjan les 29 et 30 septembre 2017, au cours d’un forum organisé par le Patronat ivoirien.

Quel était l’objectif de la récente rencontre de 48 H entre les hommes d’affaires de la Côte d’Ivoire et de la Guinée ?

 

L’objectif est économique ; il s’agit de développer les échanges d’affaires entre les entreprises guinéennes et ivoiriennes,  en vue de favoriser un partenariat gagnant- gagnant et plus actif entre les deux pays, surtout par la signature d’Accords commerciaux. Outre les objectifs économiques, on peut citer des objectifs spécifiques :

  • Présenter les opportunités d’affaires et d’investissement en Guinée et en Côte d’Ivoire ;
  • Permettre aux opérateurs économiques ivoiriens d’avoir une meilleure connaissance du marché guinéen ;
  • Favoriser les rencontres entre opérateurs ivoiriens et guinéens, pouvant déboucher sur des partenariats d’affaires ;
  • Rapprocher les secteurs privés guinéens et ivoiriens par ces Accords  commerciaux et la mise en place d’un groupe d’impulsion économique Côte d’Ivoire-Guinée.

Justement dans le dessein d’une meilleure intégration économique entre les deux pays, une coopération poussée au niveau agricole pour un partage d’expérience, est en cours notamment pour les cultures de café et de cacao ; à quelle étape se situe cette coopération ?

 

S’agissant du domaine agricole, nous avons évoqué plus haut les dispositions de la Côte d’Ivoire, de transmettre son expertise à la Guinée, pour l’aider  à développer le secteur Cacao-Café, en mettant à disposition des graines pré germées qui seront mises en pépinières, et qui serviront ensuite à créer des plantations, ou à renforcer celles déjà existantes.

En Côte d’Ivoire, plus de sept millions de personnes vivent directement ou indirectement de la filière cacao qui contribue à hauteur de près de 20% au Produit intérieur brut (PIB) du pays.

Vu les avantages que procurent ces deux produits, il est impérieux que la Côte d’Ivoire et la Guinée harmonisent leurs points de vue et leurs actions en matière agricole spécifiquement dans le domaine café-cacao.

Notons par ailleurs qu’à titre de bilan à mi-parcours, les échanges commerciaux entre la Guinée et la Côte d’Ivoire, restent encore faibles.

Le courant qui passe bien entre les chefs des deux états, doit être mis à profit pour le développement harmonieux des deux peuples.

Selon le Président guinéen : « les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire dans le domaine agricole, doit inspirer la Guinée pour relancer les cultures d’exportation comme le café, le cacao, l’anacarde et le palmier à huile. Développer l’agriculture est le moyen le plus radical pour combattre la pauvreté et le chômage».

Cette coopération sud-sud en matière agricole,  visera certainement à répondre aux besoins vitaux des populations, pour atteindre  l’autosuffisance alimentaire et le plein emploi.

Parlons à présent du cinquième sommet Union Européenne, Union Africaine, tenu à Abidjan, les 29 et 30 novembre sous le thème investir dans la jeunesse pour un avenir durable. Quels ont été les grands axes de cette rencontre ?

Je voudrais d’abord vous dire que ce sommet est une grande première organisée en Afrique Sub-Saharienne, qui a réuni 80 chefs  d’Etats et de gouvernements, et 5000 délégués ; C’était donc un défi important et il faut en féliciter le Président et le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire, pour avoir pu relever ce défi avec  tous les frères,  notamment le Président en exercice de l’union africaine qui a contribué à relever le défi. Le thème en lui-même est un défi majeur pour notre continent ; En quelques chiffres, il faut savoir qu’à ce jour,  64 % de la population africaine a moins de 25  ans et 60 %  de ces jeunes sont au chômage. Donc pour certaines personnes bien éclairées, nous avons une bombe à retardement. Il est donc urgent que nos dirigeants se penchent sérieusement sur ce problème, pour trouver des solutions et c’était bien le but du sommet dont des résolutions sont souvent fortes mais pour bien faire, ne doivent souffrir d’aucun retard dans les exécutions. Au sortir de ce sommet UE-UA, il a été mis en place concrètement des groupes de travail, avec proposition de programmes et de projets au profit des jeunesses.

Pouvez-vous nous dévoiler la nature des décisions en faveur des jeunes ?

Je crois que cette thématique est le pendant de ce dont on vient de parler : le problème de la jeunesse africaine.

La situation en Libye fait l’objet de désapprobation universelle ; cette thématique a parasité tout le sommet, et volé la vedette au thème initial.  Les premières mesures étaient de rapatrier tous les réfugiés dans leurs pays respectifs et de commencer une enquête internationale contre ceux qui organisent ces trafics. Il a donc été demandé à la commission de l’union africaine et à la commission des droits de l’homme de l’union africaine, de diligenter les enquêtes pour sanctionner tous les organisateurs de ce trafic honteux. Il a également été demandé à tous les états, de mettre en place des brigades spéciales pour combattre les réseaux mafieux sur tous les plans, y compris financiers. Cependant, toutes ces mesures ne vaudront stratégiquement au niveau des états qui doivent très rapidement prendre des mesures politiques publiques qui permettront aux jeunes de rester chez eux dans leurs pays respectifs en leur trouvant des emplois et pour restaurer l’espérance.

Monsieur l’ambassadeur , vous êtes en poste en Guinée depuis 2011 ; Quelles appréciations faites-vous de la politique gouvernementale ?

Je ne peux parler que de la politique étrangère du gouvernement. En  matière de diplomatie je crois que je ne vais pas vous démentir car, les uns et les autres affirment que cette politique est appréciée en Afrique,  notamment par la Côte d’Ivoire où vient de se tenir le sommet évoqué plus haut. La Guinée, en tout cas  le Président Alpha Condé, était plusieurs fois sollicité par la CEDAO, notamment pour jouer un rôle important de médiation dans un pays ! On peut citer la Gambie, la Guinée Bissau, le Togo,  et son rôle ne s’arrête pas seulement à ces évocations. Au Mali la Guinée a un contingent de 871 soldats à la Minusma, donc on peut dire que la Guinée joue un rôle important pour la paix et la stabilité de la sous-région et au-delà, le peuple guinéen a bien pu accueillir sur son territoire,  beaucoup de ressortissants africains en situations difficiles depuis les  derniers temps de la guerre en Sierra Léone, au Libéria et même en côte d’ivoire avec près de 6000 ressortissants ivoiriens réfugiés. La politique étrangère est satisfaisante et, Cerise sur le gâteau, en 2017 le président alpha Condé a été élu par ses pairs président en exercice de l’union africaine et depuis, il prend constamment  son bâton de pèlerin, pour mener des offensives diplomatiques et politiques pour porter haut la voix et le flambeau de l’Afrique.

Nous sommes au terme de cette Interview, monsieur l’ambassadeur votre mot de la fin ?

Comme conclusion, je voudrais vous remercier pour l’opportunité que vous nous offrez de nous adresser au peuple guinéen, à nos frères et amis de Guinée que nous encourageons à œuvrer pour la prospérité commune. Je voudrais également profiter pour remercier le président de la république, le gouvernement guinéen, et tous les guinéens, pour tout ce qu’ils font pour les ressortissants  ivoiriens. A l’ambassade de côte d’ivoire,  nous avons recensé près de 5.500 ivoiriens en Guinée, ils résident dans de bonnes  conditions, comme dans leur propre pays et contractent même des mariages heureux sur place. Nous avons plus de 600 km de frontières avec une histoire et une géographie communes. Je profite aussi, pour présenter  par anticipations nos vœux de bonheur, de bonne santé, de bonne continuation dans le travail, pour les ivoiriens et les guinéens parce que nous sommes des frères, nous aspirons à la même chose, à la prospérité, à la paix et au bien-être, je voudrais donc dire aux ivoiriens que je leur souhaite une bonne année 2018, de prospérité, de santé et je demande aux uns et aux autres des comportements exemplaires en tous lieux. Je vous remercie

La Cellule de Communication du Gouvernement

 

 

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