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Chronique de Thierno Amadou Oury BALDE : « En Guinée, l’aveugle pointe du doigt le sourd muet »

La constitution guinéenne du 07 mai 2010 tranche sur les attributions présidentielles. La politique s’en mêle, les doutes et interprétations foisonnent de partout.

Alors que les actes de nomination au somment de l’État relèvent du pouvoir discrétionnaire du président de la république, au regard des dispositions des articles 45 et 46 du texte constitutionnel, quelques surprises inattendues font leur innovation dans un pays où l’on tire le diable par la queue.

Frustration ou pas, ceux-là évincés du pouvoir avec des privilèges faisant d’eux de commandants de bateaux dans leur périphérie de compétences, devraient plutôt s’interroger sur la cause de leur départ du gouvernement, au lieu de faire croire à l’opinion que le fatalisme aurait pesé dans la balance.

Sans s’aventurer dans un commentaire trop aigu, l’ex-ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme cède son fauteuil à l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation. Pourtant, ces deux cadres ont été tous décriés de par le passé. Lounceny Camara par l’opposition républicaine et Dr Ibrahima Fofana les enseignements et élèves à l’occasion de la grève ayant émaillé le secteur éducatif dans un « congé forcé ».

Le retour alors du gouvernement de celui qui aurait été qualifié de simple ‘‘pharmacien’’, qui jusque là, était à la présidence de la république, laisse entrevoir de doutes et interprétations.

Pendant que Sanaba KABA du ministère de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance rayonne son image et multiplie ses actions pour relever les défis de son secteur, elle est remplacée par sa secrétaire générale.

De l’autre côté, la Ministre des affaires étrangères Makalé Camara a cédé sa place à Monsieur Mamadi Touré, jusqu’ici Ambassadeur auprès des Nations Unies.

De même, ce que l’opinion publique y trouve incompréhensible, c’est le remplacement de Siaka Barry au département de la culture, des sports et du patrimoine historique par Sanoussy Bantama Sow qui joue au petit malin pour gagner l’appétit du pouvoir.

 Au département des guinéens de l’étranger d’alors, il n’aurait pas servi de grandes choses. Ce qui a valu la suppression rapide du ministère et son rattachement à la présidence, avant sa figuration dans l’arène politique avec de discours faisant de lui un fervent défenseur de « Tout ».

Cependant, Siaka Barry appelé désormais à d’autres fonctions, bénéficie du soutien de plusieurs jeunes, qui ont trouvé en l’homme une compétence rare dans la revalorisation culturelle et sportive de son pays.

Alors, la nomination de Bantama Sow, qui serait sans doute partisan d’un troisième mandat pour le président de la République, pourrait-elle être la solution du divorce entre le pouvoir central et certains collectifs d’artistes guinéens, hostiles à tout projet de tripatouillage de la constitution pour une présidence à vie ou plutôt d’amplification des mésententes ?

De surcroit, c’est la destitution d’André Loua au ministère de la pêche et de l’économie maritime. Un département piloté dorénavant par Frederick Loua, ancien directeur de la caisse de prévoyance sociale, alors que ce dernier aurait évoqué par voie de presse son ignorance du secteur. « On parle plus fort pour que les autres nous entendent au plus haut niveau de responsabilité », tel est le secret qui caractérise nos dirigeants dans les pays africains où crier et manifester attirent l’attention des pouvoirs publics.

En pareille circonstance donc, vanter le mérite du chef, faire ses louanges comme un griot est l’unique stratégie de rapprochement du pouvoir, sauf que certains paroliers d’antan ont été déçus par le sorcier qui n’aurait pas accepté de manier sa baquette magique.

Sur ce, la conciliation entre l’intérêt général et intérêt particulier, difficile d’en trouver une cohabitation possible, s’enracine dans cet élan d’éclatement voire de fragilisation des relations au niveau des alliés et collaborateurs.

Au lieu de rétablir les fils dans leurs droits pour pouvoir tourner la page et oublier les martyrs du pays à l’heure où la  huitième année de commémoration du massacre de ses enfants ne devrait être d’actualité.

Ce qui veut dire qu’en Guinée, tout semble manifestement bien planifié au détriment du peuple. La seule victime d’agissement délibéré, d’injustice exacerbée et de pauvreté extrême.

Cette incurie qui trouve son fondement dans la mal gouvernance, la fuite de responsabilité et l’imputabilité politique, administrative, économique et judiciaire, n’est que la conséquence des actions inconscientes des pouvoirs publics et des citoyens.

Il en est de même, du comportement révélateur des autorités publiques qui manquent de projection dans la mise en œuvre de leur feuille de route.

Si toutefois l’insalubrité à Conakry et dans certaines villes de l’intérieur bat son plein, il fallait néanmoins trouver de remèdes efficaces  et durables pour éviter d’endeuiller de nombreuses familles, comme ce qui s’est récemment passé à Dar-Es-Salam où l’éboulement de la décharge publique de la minière a fait neuf (9) morts, des cas de blessés graves et des dégâts matériels importants.

De facto, la capitale guinéenne brille aux éclats de la lune et du soleil de toutes les planètes, comme étant un réservoir d’ordures et de déchets toxiques de toute sorte.

Alors que les accidents de la circulation continuent de plus belle manière à entrainer ses effets pervers. L’entretien du réseau routier du pays, n’étant qu’un feu de paille.  Sans oublier également l’insécurité devenue galopante dans le pays. On a tendance à croire que l’impunité serait l’arme des délinquants.

Face à cette réalité qui se greffe relevant de la politique dans laquelle seuls les intérêts comptent et non l’amitié, encore moins les sentiments, le devenir de la jeunesse semble compromis dans la mesure où l’instrumentalisation du faible par le fort, des citoyens par les leaders d’opinion, des administrés par les administrateurs, est la pire des formes d’entreprise d’exploitation éhontée pour bénéficier de poste de responsabilité.

Longtemps accusée d’être partisan et incompétent, l’organe de gestion des élections qui est la CENI, se montre déterminer à accomplir sa mission dans la transparence et la crédibilité. Ce, pour organiser dans un délai raisonnable les élections qui pointent à l’horizon. Mais l’octroi de fonds serait indispensable pour y parvenir.

Désormais, opposition et mouvance attendent de la Commission électorale nationale indépendante, le projet du chronogramme des élections, même si les leaders avaient réclamé à l’époque la restructuration et la recomposition de l’institution électorale.

C’est pour cette raison donc, que « l’aveugle pointe du doigt sur le sourd-muet ».

 

Thierno Amadou Oury BALDE , Journaliste

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